Les Marocains votent sur une nouvelle constitution
01.07.2011 15:02Malgré des oppositions et des appels au boycott, le roi du Maroc, au pouvoir depuis 1999, est quasiment assuré de voir son projet de nouvelle constitution adopté, alors que le monde arabe est affecté par de profonds bouleversements, estiment les experts.
Les médias publics, les principaux partis politiques, les grands syndicats et les mosquées du royaume ont invité à voter "oui". Le vote a débuté à 08H00 locales (07h00 GMT) et prendra fin à 19H00 (18h00 GMT) sans possibilité de prorogation, selon le ministère de l'Intérieur.
La principale interrogation concerne le taux de participation à ce référendum, le premier du règne de Mohammed VI. Le scrutin est ouvert à plus de 13 millions de Marocains de plus de 18 ans qui devront répondre par "oui", "non" ou déposer un bulletin blanc au projet.
Vote jusqu'à dimanche à l'étranger
A Rabat même, certains bureaux de vote du centre ville étaient vides. A Casablanca, capitale économique et plus grande ville du pays, un millier de personnes faisaient la queue dans la matinée sous une chaleur accablante dans une école du quartier populaire de Sidi Mohsen. La plupart des quotidiens marocains appelaient vendredi avec des accents lyriques à la participation au référendum.
Quelque 40'000 bureaux ont été mis en place sur l'ensemble du royaume. A l'étranger, environ 520 bureaux de vote seront ouverts dans les ambassades et consulats du royaume afin que les Marocains participent au scrutin du vendredi au dimanche.
Reconnaissance du berbère
Le projet vise à "consolider les piliers d'une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale", avait déclaré Mohammed VI dans un discours à la nation le 17 juin. Le projet prévoit également la création d'un Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, présidé par le roi, et censé garantir l'indépendance de la justice.
La reconnaissance du berbère, parlé par un quart de la population comme langue officielle du Maroc avec l'arabe, constitue une autre innovation et est considérée comme un évènement historique. Le Premier ministre, issu du parti vainqueur aux élections, aura la possibilité de dissoudre la chambre des représentants, ce qui était du seul attribut du roi avant le projet de réformes.
afp/rber