Mise à jour le 04 juin 2011

3000 Koweïtiens manifestent sous 40°C

Des manifestants exigeaient vendredi soir la démission du premier ministre koweitien, le cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad Al-Sabah.
Des manifestants exigeaient vendredi soir la démission du Premier ministre koweïtien, le cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad Al-Sabah. [Yasser Al-Zayyat - AFP]
De jeunes Koweïtiens ont appelé vendredi soir au départ du Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad Al-Sabah, à qui ils reprochent sa mauvaise gestion des affaires publiques, selon un correspondant de l'AFP

"Le peuple veut le départ du Premier ministre", ont scandé plus de 3000 protestataires qui ont manifesté vendredi soir, pour la troisième semaine consécutive, alors que la température approchait les 40 degrés Celsius dans ce pays au climat désertique.    

Des intervenants ont appelé l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, à limoger le Premier ministre, un éminent membre de la famille régnante, et à mettre fin aux querelles qui rongent cette famille.    

"Dangereuse lutte de pouvoir"

"Une dangereuse lutte au pouvoir a lieu entre les membres de la famille régnante. Leurs différends et leurs luttes auront certainement un impact négatif" sur l'émirat, a déclaré le député libéral, Abderrahman al-Ajari, en s'adressant à la foule.    

"Je crains que, si aucune réforme constitutionnelle réelle n'est mise en oeuvre, ces différends se répandront comme un cancer. Nous devons envisager l'adoption d'une monarchie constitutionnelle", a-t-il ajouté.    

La presse koweïtienne a exhorté vendredi l'émir à intervenir pour mettre fin à la lutte du pouvoir que se livrent le Premier ministre et son adjoint, cheikh Ahmad Fahd Al-Sabah.    

Appel à des élections anticipées

Les manifestants ont exigé la mise à l'écart des deux ministres, comme ils ont appelé à la démission du gouvernement, la dissolution du Parlement et la convocation d'élections anticipées dans ce riche émirat pétrolier du Golfe.    

Membre de l'Opep, le Koweït a été un pays secoué ces cinq dernières années par une série de crises politiques, dues en partie aux querelles au sein de la famille régnante.    

En 2006, une féroce lutte du pouvoir des Al-Sabah avait conduit à un vote sans précédent au Parlement sur la destitution de l'émir, cheikh Saad Abdallah Al-Sabah, pour des raisons de santé.

afp/cmen