La coalition frappe par erreur les insurgés libyens
02.04.2011 21:04Les rebelles ont tiré samedi au lance-roquettes vers le sud de la ville de Brega en direction des positions de l'armée loyale à Kadhafi. Des tirs d'obus sont également partis de la ville vers sa périphérie, ont indiqué des rebelles, de retour du front. Selon un insurgé, les forces kadhafistes étaient encerclées dans l'Université. Les rebelles les entouraient et ils ne pouvaient pas sortir.
Le contrôle du terminal pétrolier reste incertain quand bien même les rebelles ont affirmé tenir cette position. Ce site constitue depuis trois jours le théâtre d'intenses combats. A plusieurs centaines de kilomètres à l'ouest, un autre front a continué de faire rage. A Misrata (à 200 km à l'est de Tripoli), ville tenue par les rebelles et cible de tirs d'obus de chars et de roquettes. Ces tirs auraient fait 28 morts en trois jours selon la rébellion.
Bavure de l'Otan
C'est à Brega que l'aviation de l'Otan a commis vendredi soir une bavure. Neuf rebelles et quatre civils ont été tués par erreur lors d'une frappe aérienne de l'Otan, a indiqué un responsable politique de la ville d'Ajdabiya chargé des relations avec les insurgés. Un avion de la coalition a ouvert le feu à une quinzaine de km à l'est de Brega sur un convoi de cinq ou six véhicules, dont une ambulance.
Peu de temps auparavant, un rebelle aurait tiré en l'air à la mitrailleuse avec des balles traçantes, en signe de joie. "C'est une erreur, les avions ont cru qu'on leur tirait dessus et ils ont tiré sur le convoi", a expliqué ce responsable. Neuf opposants armés ont trouvé la mort, ainsi que les quatre occupants de l'ambulance, le conducteur et trois étudiants en médecine de Benghazi (est), a-t-il encore précisé. "Je suis sûr à 100% que c'était une erreur", a commenté un médecin d'Ajdabiya.
Un porte-parole des rebelles a déclaré à Benghazi qu'il n'y avait "pas de confirmation" concernant l'origine des tirs mais a souligné que "les dommages collatéraux sont possibles. Nous sommes prêts à les accepter. C'est une guerre. Nous regrettons la perte en vies humaines".
L'Otan a de son côté indiqué qu'elle enquêtait sur ces informations, sans pour autant avoir ouvert d'enquête formelle. "Nous examinons ces informations. Nous prenons toujours au sérieux les informations concernant des pertes civiles", a déclaré à Bruxelles la porte-parole de l'Alliance atlantique, Oana Lungescu.
Arrivée d'avions suédois
Trois des huit avions de combat JAS Gripen que la Suède dépêche pour participer aux opérations de l'Otan sont arrivés samedi sur une base en Sicile, a indiqué l'état-major suédois. Le reste de la force aérienne suédoise, cinq Gripen et un C-130 Hercules utilisable pour du ravitaillement en vol, doit décoller dimanche. La contribution suédoise décidée mardi par le gouvernement, approuvée vendredi par le Parlement, sera limitée au respect de la zone d'exclusion aérienne, les frappes au sol étant exclues, conformément à une exigence de l'opposition de gauche.
C'est la première fois que la Suède envoie des avions de combat depuis une intervention de l'ONU dans l'ex-Congo belge entre 1961 et 1963. Des responsables du Pentagone ont pour leur part confirmé à l'AFP que l'US Army commencerait à retirer ses avions de combat et ses missiles du théâtre des opérations à partir de ce week-end. Les Etats-Unis veulent s'en tenir, comme prévu, à un rôle de soutien, l'Otan ayant pris depuis jeudi la direction des opérations assumées depuis le 19 mars par la coalition internationale.
ats/cht