Une crise fait vaciller le pouvoir en Italie
30.07.2010 22:24Les 33 députés proches de Gianfranco Fini ont annoncé officiellement à l'Assemblée qu'ils avaient décidé de créer un nouveau groupe. Appelé "Avenir et liberté pour l'Italie", celui-ci comprend plusieurs ministres.
Le gouvernement de Berlusconi disposait jusqu'à présent d'une majorité confortable à la Chambre basse avec 271 PDL (Peuple de la Liberté, le grand parti de droite fondé en 2009), 59 Ligue du Nord et 12 députés de centre-droit, soit 342 au total. L'opposition dispose de 269 sièges, tandis que 19 "autres" oscillent entre les deux camps. La majorité absolue est de 316 voix pour 630 députés.
La crise a éclaté jeudi
L'éditorialiste du quotidien économique Sole 24 ore avait annoncé dans la matinée qu'à partir d'une trentaine, les partants "seraient en mesure de faire perdre au gouvernement la majorité absolue à la Chambre". Silvio Berlusconi pourrait dès lors rencontrer des difficultés à faire passer des textes cruciaux, comme ses réformes de la justice. Mais selon les médias italiens, le Cavaliere, prévoyant ces défections, a déjà commencé les tractations pour s'assurer le vote des indécis.
Le feu a éclaté jeudi soir, après des mois de tensions entre les deux alliés. Silvio Berlusconi a pressé Gianfranco Fini de quitter la présidence de l'Assemblée, jugeant ses positions "incompatibles" avec celles de son parti. "J'ai été de fait expulsé du parti que j'ai contribué à fonder", a affirmé Gianfranco Fini.
Fini refuse de démissionner
Une démission est toutefois exclue: "Evidemment, je ne donnerai pas ma démission, car chacun sait que le président doit garantir le respect de la Constitution et la conduite impartiale de l'activité de la Chambre et non seulement celle de la majorité qui l'a élu", a-t-il déclaré. "Soutenir le contraire démontre une logique d'entreprise, comme (le ferait) un PDG, ce qui n'a rien à voir avec nos institutions", a-t-il poursuivi.
Impliqué dans plusieurs affaires de corruption ou de conflit d'intérêt, Silvio Berlusconi est régulièrement accusé par ses détracteurs de chercher à échapper à la justice en proposant des textes "pro-domo". Récemment, se plaçant sur le terrain de "la moralité et la légalité", M. Fini avait appelé à ce que tous les hommes politiques sous enquête se démettent de leurs fonctions. Trois ministres poursuivis pour corruption ou trafic d'influence ont dû démissionner ces dernières semaines.
ats/mej