Fusillade de Grenoble: policiers menacés de mort
28.07.2010 19:33Le Premier ministre François Fillon a promis mardi matin de répondre "avec une extrême détermination" à ces menaces. "On met les familles qui sont menacées à l'abri mais on met en même temps beaucoup de moyens pour retrouver les auteurs de ces menaces et ils seront arrêtés et ils seront transférés à la justice", a déclaré le chef du gouvernement, interrogé sur Europe-1.
Pour le Premier ministre, "cela montre la violence d'un banditisme qui doit être combattu de la façon la plus extrême". "On est en face de gens extrêmement dangereux, extrêmement violents", a-t-il dit. "Nous allons devoir répondre avec une extrême détermination".
La police grenobloise se refuse à tout commentaire, mais un syndicaliste local a confirmé l'existence de ces menaces. "Il y a eu des mesures de protection radicales qui ont été prises compte tenu de la menace réelle et compte tenu du milieu particulier à Grenoble", a déclaré ce syndicaliste, Daniel Chomette. "A partir du moment où c'est un bandit chevronné qui est mort sur cette intervention, le milieu du grand banditisme et les bandes veulent venger sa mort", a-t-il expliqué.
Légitime défense
Karim Boudouda, 27 ans, est mort à l'issue d'une course-poursuite avec la police après le braquage d'un casino près de Grenoble le 16 juillet. Le parquet a conclu que les policiers avaient tiré en état de légitime défense, en réponse aux coups de feu du jeune homme qui avait tiré sur les policiers.
La mort de Karim Boudouda avait donné lieu à trois nuits de violences urbaines du 16 au 18 juillet, dans son quartier de la Villeneuve à Grenoble, avec des tirs contre des policiers et des voitures incendiées. Selon le syndicaliste, ces personnes "sont capables de tout et de n'importe quoi. D'ailleurs on l'a vu dans les nuits qui ont suivi puisqu'ils sortent de la foule, à visage découvert, armes au poing pour tirer sur les véhicules de la police.
A la suite de ces événements, le président Nicolas Sarkozy a fait une déclaration martiale, promettant de "livrer une guerre aux trafiquants et délinquants". Il a limogé le préfet de l'Isère, le département de Grenoble, pour le remplacer par un ancien haut gradé de la police, une méthode qu'il a déjà utilisée cette année dans un département de la région parisienne qui avait également connu une flamblée de violences.
afp/ap/cht