Marée noire: Washington se prépare "au pire"
28.06.2010 12:51Le brut qui fuit depuis 40 jours par 1600 mètres de fond à un débit quotidien de deux à trois millions de litres, souillant les côtes de la Louisiane, pourrait continuer à jaillir au moins jusqu'en août, a-t-elle prédit.
Interrogée par la chaîne de télévision CBS, Carol Bowner a déclaré que l'administration américaine "se préparait au pire", et ce, "depuis le début" de la catastrophe, entraînée par une explosion de gaz qui a coûté la vie à onze employés de la plate-forme offshore exploitée par BP.
L'opération de colmatage a échoué
British Petroleum a annoncé samedi l'échec et l'abandon de l'opération "top kill" visant à colmater le puits en y injectant des boues de forage et va tenter une nouvelle fois de mettre en place un couvercle de confinement étanche afin de pomper le brut sans colmater la fuite. Mais, même en cas de réussite de cette tentative, il ne s'agira pas d'une solution définitive et du pétrole pourrait continuer à polluer le golfe du Mexique, a estimé Carol Browner.
Vendredi, Barack Obama s'est rendu en Louisiane sur des
côtes souillées. [Reuters]
"Nous sommes déçus" par l'échec de la tentative de colmatage, a assuré Bob Dudley, le directeur général de BP, sur CNN dimanche. "Nous n'avons pas été en mesure de maîtriser l'écoulement du puits. Le flot était trop important. Nous n'avons pas été capables de renverser la pression" et de dompter le gisement de pétrole et de gaz.
Il a précisé que la compagnie saurait dans un délai de quatre à sept jours si la tentative de prélever le gros du pétrole au niveau de la fuite pour le pomper vers la surface avaient des chances de succès. "Ces gens qui travaillent offshore sont incroyablement habiles à cet exercice. Nous leur demandons de faire l'équivalent d'une opération à coeur ouvert qui serait suivie par tout le monde à la télévision", a-t-il dit.
BP et Obama toujours critiqués
En attendant, la colère et la frustration des riverains du golfe du Mexique et des autorités locales grandissent à l'égard de la compagnie pétrolière ainsi que du gouvernement Obama, qu'ils jugent insuffisamment mobilisés pour sauver leurs côtes en les protégeant par des digues de sable. Bob Dudley a promis sur CNN de "redoubler d'efforts pour s'assurer que le pétrole serait tenu à l'écart des plages de Louisiane".
Très critiqué lui aussi pour sa passivité supposée, Barack Obama a déclaré que la poursuite de la fuite était une "agression contre les riverains du Golfe, leur gagne-pain et un patrimoine naturel qui nous appartient tous. C'est rageant et cela brise le coeur", a-t-il assuré. Selon des experts mandatés par l'administration américaine, le pétrole s'est répandu dans le golfe du Mexique à un rythme de 2 à 3 millions de litres par jour depuis le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon, le 22 avril.
agences/mej