Les soutiens de Polanski repartent à l'offensive
28.06.2010 12:52Arrêté en septembre à Zurich sur mandat américain, puis assigné à résidence depuis décembre dans son chalet des Alpes suisses, le cinéaste de 76 ans était resté silencieux jusqu'à présent, mais ses recours ont été refusés et la menace d'une extradition se fait de plus en plus précise. La justice suisse a été informée le 28 avril du rejet par la justice américaine du rejet d'une demande de jugement par contumace.
"Je ne peux plus me taire parce que les Etats-Unis continuent de réclamer mon extradition plus pour me livrer en pâture aux médias du monde entier que pour prononcer un jugement sur lequel un accord a été pris il y a 33 ans", a-t-il écrit dans un texte publié dimanche soir sur le site internet du philosophe français Bernard-Henri Levy, un de ses soutiens français.
Le cinéaste dénonce un "mensonge"
Dans ce texte, à la une lundi de plusieurs grands quotidiens
suisses, et du journal français de gauche Libération, il dénonce
une procédure basée sur un "mensonge". "Dans cette demande
(d'extradition, ndlr), il est dit que je me suis enfui pour ne pas
subir une condamnation de la justice américaine; or, dans la
procédure "plaider coupable" j'avais reconnu les faits et j'étais
retourné aux Etats-Unis" pour purger "ma peine", poursuit-il.
Roman Polanski souligne qu'il veut être "traité comme tout le
monde". Après son arrestation le 26 septembre à son arrivée à
Zurich pour participer à un festival de cinéma, les multiples
soutiens qui s'étaient manifestés en France parmi les milieux
intellectuels et artistiques avaient provoqué une vive controverse
dans l'opinion publique. Ces soutiens sont eux aussi repartis à
l'offensive.
"Roman Polanski a déjà payé"
"C'est un cri de colère", a déclaré lundi Bernard-Henri Levy sur
la radio Europe 1, dénonçant l'acharnement d'un juge américain
selon lui "avide de publicité" pour sa propre carrière. Le propos
de Polanski, "c'est de dire: attendez, il y a des prêtres
pédophiles, il y a des joueurs de football qu'on chope avec des
prostituées de moins de 18 ans (...), et il y en a un qui est en
prison 33 ans après, c'est moi".
Il faut que "les Suisses se rendent compte qu'il faut lui rendre
sa liberté et le rendre à sa famille et aux siens", a-t-il ajouté.
Dans un éditorial, le quotidien Libération dénonce lui aussi un
"cruel malentendu", qui voit la célébrité du metteur en scène
devenir son principal handicap. "Roman Polanski a déjà payé pour
son acte, par la prison et par l'exil", ajoute-t-il.
agences/dk