Birmanie: le parti de Suu Kyi renonce aux élections
28.06.2010 13:36Une centaine de membres du comité central de la LND, venus de tout le pays et réunis à Rangoun, ont suivi la position de la prix Nobel de la paix, qui avait déclaré la semaine dernière qu'elle refuserait d'enregistrer le parti compte-tenu des conditions dans lesquelles les élections seraient organisées.
Lois "injustes"
Une centaine de militants de la LND se sont rassemblés
lundi pour soutenir l'opposante". [Keystone]
"La LND a
décidé de ne pas enregistrer le parti comme un parti politique, car
les lois électorales émises en 2010 par le Conseil d'Etat pour la
paix et le développement (SPDC, nom officiel de la junte) sont
injustes", a indiqué Nyan Win, porte-parole du parti et avocat de
la prix Nobel de la paix. "Nous avons aussi décidé d'appeler à la
libération immédiate des prisonniers politiques, dont Aung San Suu
Kyi".
Les prochaines élections, dont la date exacte n'a pas été annoncée
mais qui doivent se dérouler fin octobre ou début novembre selon un
responsable birman, se dérouleront donc sans le premier parti de
l'opposition, qui avait remporté le dernier scrutin en 1990, sans
jamais voir sa victoire reconnue.
Début mars, parmi les décisions prises par la junte, figurait
l'annulation pure et simple des résultats de cette consultation.
Les nouvelles lois électorales interdisent aussi à un parti de
conserver dans ses instances des prisonniers politiques, une mesure
qui cible directement l'opposante, actuellement sujette à une peine
de 18 mois de résidence surveillée.
Choix cornélien
Lundi, la LND avait donc le choix entre participer aux
prochaines élections après avoir exclu Aung San Suu Kyi de ses
instances, et risquer la dissolution. Les délégués ont choisi de
conserver dans leurs rangs celle qui symbolise, dans le monde
entier, la résistance au régime des militaires de Naypyidaw.
"Il était très dur pour les membres de la LND de l'exclure, car
c'est une figure très influente du parti et du pays", a expliqué
Win Min, analyste politique birman et militant pro-démocratie basé
en Thaïlande. En principe, la junte pourrait maintenant dissoudre
purement et simplement la LND au terme du délai fixé par la loi.
"Le parti, sous son nom actuel, pourrait ne plus exister
officiellement au-delà du 6 mai", a ajouté Win Min.
Lundi, une centaine de militants de la LND s'étaient rassemblés
devant son siège, certains portant des tee-shirts blancs sur
lesquels on pouvait lire: "nous croyons Aung San Suu Kyi".
afp/cht