Modifié le 28 juin 2010

La Française défigurée retrouvée morte

Chantal Sébire avait demandé en vain le droit d'être euthanasiée.
Chantal Sébire avait demandé en vain le droit d'être euthanasiée. [DR]
Chantal Sébire, une Française de 52 ans qui souffrait d'une tumeur incurable et avait sollicité en vain le droit de recourir à l'euthanasie, a été retrouvée morte chez elle mercredi. Les causes du décès ne sont pas encore connues.

Son corps sans vie a été trouvé en fin d'après-midi à son
domicile de Plombières-les-Dijon (est). Les causes de la mort sont
"pour l'instant indéterminées", a indiqué à une source au ministère
de l'Intérieur.

Un juge de Dijon avait rejeté lundi la demande de Chantal Sébire
qui, défigurée par une tumeur incurable la faisant souffrir
"atrocement", selon ses propres déclarations, avait demandé le
droit d'être euthanasiée par un de ses médecins. Le tribunal avait
estimé que cette demande se heurtait au code de déontologie
médicale, qui interdit à un médecin de donner délibérément la mort,
et au code pénal, qui fait de la provocation au suicide une
infraction.

Souffrances intenses

Dans sa demande, Chantal Sébire faisait état de ses "souffrances
intenses et permanentes", du "caractère incurable des maux dont
elle est atteinte" et de son "refus de devoir supporter
l'irréversible dégradation de son état".





Elle demandait à la justice d'"autoriser l'un de ses médecins à
lui prescrire le traitement nécessaire pour lui permettre de
terminer sa vie dans le respect de sa dignité".





Cette affaire a soulevé ces derniers jours un nouveau débat en
France, où une loi de 2005 instaure, dans certains cas, une sorte
de droit au "laisser mourir" par l'arrêt de tout traitement, mais
ne permet pas aux médecins de pratiquer une euthanasie active.

Débat à Matignon

Alors que le gouvernement excluait la semaine dernière toute
réforme sur la question de l'euthanasie, Matignon a décidé mercredi
de relancer la réflexion. Plusieurs personnalités, notamment le
ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, mais aussi la
nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, se sont dit
mercredi plutôt favorables à une réforme.





Il s'agirait de permettre aux médecins de provoquer directement la
mort d'un patient, dans certains cas extrêmes, après autorisation
de plusieurs commissions et dans le cas d'une demande du patient et
de la famille.





Le député UMP et médecin Jean Leonetti a été chargé par le premier
ministre, François Fillon, d'une mission d'évaluation de la loi de
2005 qui porte son nom, et dont il fut rapporteur. Elle a été mise
au point après l'affaire Vincent Humbert, un jeune tétraplégique
dont la mort avait été provoquée médicalement à sa demande et à
celle de sa famille.





afp/boi

Publié le 27 mars 2008 - Modifié le 28 juin 2010

Une tumeur très rare

Chantal Sébire était âgée de 52 ans.

Cette ancienne institutrice était mère de trois enfants.

Elle souffrait d'une "esthesioneuroblastome", une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale.

Cette maladie très rare (200 cas recensés dans le monde en 20 ans) est incurable et provoque une déformation irréversible du visage et des souffrances décrites comme "atroces" par Chantal Sébire.

Aux journalistes, Chantal Sébire disait vouloir affronter la mort en toute conscience et en toute lucidité.

"Je veux partir en faisant la fête entourée de mes enfants, amis et médecins, avant de m'endormir définitivement à l'aube", avait-elle déclaré.

Ecrivain mort par euthanasie en Belgique

La mort de Chantal Sébire intervient le même jour que celle de l'écrivain belge Hugo Claus qui, atteint de la maladie d'Alzheimer, a choisi de mourir en Belgique par euthanasie mercredi à l'âge de 78 ans.

Il s'agit de la première personnalité de ce rang à demander à une aide pour mourir alors que la Belgique fait partie depuis 2002 des rares pays au monde à avoir légalisé l'euthanasie sous certaines conditions.

Père du roman "Le chagrin des Belges", il s'était récemment engagé contre le séparatisme flamand en signant en septembre, en pleine crise belge, une pétition pour défendre l'unité du Royaume.