Peine de mort: Calmy-Rey veut une abolition totale
28.06.2010 12:51"Incontestablement, le mouvement abolitionniste a partout su
gagner de l'ampleur", a affirmé la cheffe du Département fédéral
des Affaires étrangères (DFAE) à l'issue d'un congrès qui a réuni à
Genève depuis mercredi quelque 1500 participants d'une centaine de
pays.
"Nous entrons maintenant dans la phase la plus délicate du chemin
vers l'abolition mondiale", a-t-elle affirmé en même temps.
Redoubler d'efforts
"La terreur n'effraie que rarement les criminels. La peine de
mort ne porte pas les fruits qu'elle est censée offrir à la
société, mais de surcroît, elle nous fait bafouer l'humanité
d'autrui et par là même perdre la nôtre", a souligné Micheline
Calmy-Rey.
"La peine de mort n'apporte ni compensation, ni réparation, elle
ne donne véritablement ni leçon ni exemple dissuasif et ne protège
pas davantage la société", a déclaré la conseillère fédérale, très
applaudie.
Coup d'envoi pour les droits humains
Les participants ont tiré un bilan positif du congrès qui a vu
s'élargir la mobilisation contre la peine capitale. La résolution
(lire ci-contre) sera soumise cet automne à
l'Assemblée générale de l'ONU pour qu'un moratoire mondial soit
établi. La Suisse s'engagera notamment pour qu'elle bénéficie du
soutien le plus large.
Se déclarant "personnellement émue", Micheline Calmy-Rey a estimé
que le congrès de Genève peut être le coup d'envoi d'un engagement
plus déterminé en faveur des droits humains.
Mercredi, le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez
Zapatero avait fixé comme objectif un moratoire universel sur les
exécutions en 2015 et annoncé la création d'une commission
internationale.
ats/bri