Honduras: les négociations rompues
28.06.2010 13:27Le président putschiste Roberto Micheletti a proposé que ce soit
la Cour suprême du Honduras qui décide d'un éventuel retour au
pouvoir de Manuel Zelaya, et non le Congrès, comme le souhaite le
président déchu, selon Victor Meza, un des représentants de Manuel
Zelaya dans les négociations qui se déroulent depuis plus d'une
semaine à Tegucigalpa.
"C'est une proposition absurde. Nous avons proposé que ce soit le
Congrès qui émette la décision, après avis préalable des instances
concernées, dont la Cour suprême de justice, si c'est nécessaire",
a dit Victor Meza dans la capitale hondurienne, jugeant la
proposition du gouvernement putschiste "absolument
inacceptable".
Sanctions économiques
De leur côté, les neufs pays de l'Alliance bolivarienne pour les
Amériques (Alba), le bloc antilibéral latino-américain auquel a
adhéré le Honduras de Manuel Zelaya en 2008, a adopté un document
engageant à "des sanctions économiques et commerciales contre le
régime putschiste" du Honduras.
Les Etats-Unis et l'UE ont déjà suspendu plus de 120 millions de
dollars d'aide et plusieurs organismes internationaux comme le
Fonds monétaire international (FMI) ont gelé leurs crédits.
Mince espoir
Roberto Micheletti a pris le pouvoir au Honduras par la
force le 28 juin 2009. [Reuters]
La porte aux négociations
n'est toutefois pas définitivement fermée. "Le président Zelaya
donne un nouveau délai jusqu'à lundi. Nous attendons une réponse,
sinon le dialogue sera rompu", a annoncé le ministre déchu du
Tourisme de Manuel Zelaya, Ricardo Martinez, au cours d'une
conférence de presse.
"Nous restons en négociations le temps qu'il faut. Le gouvernement
offre toutes les dispositions et garanties pour que le dialogue se
prolonge", a dit pour sa part Rafael Pineda Ponce, le ministre de
la Présidence du gouvernement putschiste appelé par le président
déchu à reconsidérer sa proposition.
agences/os
Trois mois de pourparlers
Le camp Zelaya avait donné jusqu'à jeudi pour que les
négociations lancées le 7 octobre sous l'égide de l'Organisation
des Etats américains (OEA) aboutissent. Mais le président déchu
avait ensuite prolongé ce délai à deux reprises «pour donner une
chance au dialogue».
La rupture des négociations éloigne l'espoir d'un règlement de
cette crise qui dure depuis trois mois, après deux semaines de
pourparlers entre les deux parties à l'initiative des ministres des
affaires étrangères du continent.
ats/os