Honduras: putsch militaire contre le président
28.06.2010 13:26La Cour suprême a annoncé qu'elle soutenait l'armée dans ce qu'elle a présenté comme un acte de défense de la démocratie, et le parlement a désigné le président du Congrès Roberto Micheletti nouveau chef de ce pays d'Amérique centrale. Le Congrès a décidé à l'unanimité de "désavouer" Manuel Zelaya en raison de "sa conduite manifestement irrégulière", de ses "violations répétées de la Constitution et des lois" et de son "non-respect des résolutions et décisions des organes institutionnels".
Le président Hugo Chavez qui, avec les dirigeants cubains, est le principal allié de Manuel Zelaya, a annoncé que le Venezuela était en lutte et a placé les forces armées en état d'alerte.
Des commandos chez le président
Selon son secrétaire personnel Carlos Enrique Reina, Manuel
Zelaya a été arrêté par des militaires qui l'ont conduit sur une
base de l'armée de l'air à la périphérie de Tegucigalpa. Des
blindés parcouraient les rues de la capitale et plusieurs centaines
de soldats ont pris position autour du palais présidentiel, dans le
centre de la ville.
Une centaine de partisans du président, dont beaucoup portaient
des T-shirts proclamant «oui» au référendum, ont bloqué la
principale avenue devant le palais, jetant des pierres sur les
soldats en hurlant «traîtres, traîtres!».
Elu en novembre 2005, Manuel Zelaya avait décidé de maintenir ce
dimanche un référendum non contraignant, malgré l'opposition de
l'armée, du Congrès et de la Cour suprême, qui l'a déclaré illégal.
Le chef de l'Etat demandait à la population de se prononcer sur une
éventuelle révision de la Constitution, afin de lui permettre de
briguer un nouveau mandat, en novembre.
Zelaya veut poursuivre son mandat
Manuel Zelaya est en contact avec ses proches depuis le
Costa Rica. [Reuters]
Selon la radio hondurienne HRN, qui
cite des «sources dignes de foi», Manuel Zelaya est parti en exil -
ce que n'a pas confirmé l'intéressé. Il a apparemment été conduit
de force au Costa Rica, où il a expliqué à la chaîne Telesur qu'il
se trouvait à l'aéroport de la capitale San José.
Dénonçant un «coup d'Etat» et un «enlèvement», il a fait part de
son intention de poursuivre son mandat jusqu'à son terme prévu,
début 2010. Il a souligné qu'il ne reconnaîtrait «aucun
gouvernement d'usurpation» et précisé qu'il assisterait à une
réunion des présidents des pays d'Amérique centrale prévue lundi au
Nicaragua.
Caché derrière un climatiseur
Manuel Zelaya a expliqué à Telesur qu'il avait été réveillé par
des coups de feu et les cris de ses gardes de sécurité qui, selon
lui, ont résisté à des soldats pendant au moins 20 minutes. Le
président du Honduras a ajouté être sorti du lit, et s'être caché
derrière un climatiseur pour éviter des balles, soulignant que huit
ou neuf soldats dont le visage était dissimulé l'avaient escorté
vers un avion qui l'a emmené au Costa Rica.
Confiant que des soldats avaient également retenu pendant un
certain temps les ambassadeurs vénézuélien et cubain, Manuel Zelaya
a appelé les militaires du Honduras à résister, exhorté les
citoyens à prendre part à des manifestations pacifiques et demandé
à la police de protéger les manifestants.
agences/ps