Modifié le 10 août 2018

La canicule pèse sur les prix du bétail, pas encore sur ceux de la viande

Le prix de la viande pourrait baisser un peu dans les prochaines semaines en Suisse.
La canicule pèse sur les prix du bétail, pas encore sur ceux de la viande Le 12h30 / 1 min. / le 09 août 2018
En raison de la sécheresse, certains éleveurs mènent leurs bêtes à l'abattoir plus tôt que prévu cet été. Cette situation fait pression à la baisse sur les prix du bétail, mais pas encore sur ceux de la viande.

C'est le manque de fourrage qui pousse des paysans à avancer l'abattage de leurs animaux, avec pour conséquence de moins bons prix à la vente par tête.

Mais pour l'heure, cette situation ne se reflète pas encore sur les prix à la consommation. Il y a un délai de quelques jours au minimum entre la vente d'une vache et le moment où sa viande se retrouve en vente dans le commerce.

Or les prix effectifs n'ont commencé à baisser que cette semaine. Jusqu'ici, l'indice établi par l'organisation Proviande a été plutôt haut et stable cet été. Mais il est mis à jour chaque fin de semaine et pourrait baisser pour les bovins.

Viande hachée et saucisses concernées prioritairement

Les bouchers ne s'attendent pourtant pas à de grands changements car ils ne sont pas les plus concernés. Les abattages anticipés concernent surtout des vaches laitières, dont la viande ne finit pas vraiment sur les étals comme morceaux de choix. Elle sert à fabriquer notamment des steaks hachés et des saucisses.

Les premiers acheteurs en sont les fast-foods et les grands distributeurs, qui ont un gros impact sur la fixation des prix. Si la baisse se confirme, ces derniers promettent de la répercuter. "Les prix vont être déterminés vendredi ou samedi pour la semaine prochaine", explique le porte-parole de Migros Tristan Cerf. "Cela veut dire qu'on risque d'avoir la semaine prochaine - sans garantie - des baisses de prix sur la viande fraîche."

Incidence moindre sur les spécialités

Il faudra en revanche attendre encore un peu pour une baisse de coût des spécialités de viande préparée, qui ont un coût en rapport avec la plus-value apportée. "Pour un produit qui est cuit, qui est préparé, le travail après l'achat de la matière première n'a pas changé de prix. Donc cela ça va varier selon les spécialités", souligne Tristan Cerf.

La matière première ne fait donc pas tout. Le travail de transformation atténue les écarts, même si les petites variations sont fréquentes sur le marché de la viande.

Etienne Kocher/oang

Publié le 09 août 2018 - Modifié le 10 août 2018

Proviande décide de limiter les importations

Réuni en séance extraordinaire vendredi, le conseil d'administration de Proviande a décidé de limiter les importations à leur niveau actuel.

Il les a maintenues à 800 tonnes, ce qui correspond à un quota d'environ 2400 vaches.

L'interprofession a donc renoncé à les augmenter,comme prévu initialement.

>> Ecouter l'interview du directeur de Proviande Heinrich Bucher dans Forum: