Modifié le 13 février 2018

Le plus gros fonds souverain du monde s'engage contre la corruption

La Norvège a fait fortune avec les hydrocarbures et son fonds souverain est le plus riche du monde.
La Norvège a fait fortune avec les hydrocarbures et son fonds souverain est le plus riche du monde. [Helge Hansen - EPA/Keystone]
Le fonds souverain de la Norvège, le plus gros au monde, a sommé mardi les quelque 9100 entreprises dans lesquelles il est investi de lutter contre la corruption, qui engloutit 2% de la richesse mondiale selon le FMI.

"Nous demandons à ce que toutes les entreprises dans lesquelles nous sommes investis aient en place des mesures anticorruption efficaces", a indiqué le patron du fonds, Yngve Slyngstad.

Dans un nouveau document, le fonds préconise notamment que les conseils d'administration de chaque entreprise s'assurent de l'existence de politiques anticorruption et que celles-ci soient clairement communiquées aux employés.

Les entreprises sont également invitées à mettre en place des formations adaptées ainsi qu'un mécanisme pour les lanceurs d'alerte garantissant la confidentialité.

>> Lire aussi: Le dilemme des Norvégiens pour penser l'après-pétrole

Le prix de la corruption

La corruption engloutit chaque année 2% de la richesse mondiale et nuit au partage équitable de la croissance économique, estimait le Fonds monétaire international en mai 2016.

À eux seuls, les pots-de-vin versés chaque année sur le globe totalisent entre 1500 à 2000 milliards de dollars, soit pas loin du Produit intérieur brut (PIB) français, précisait le FMI.

afp/dk

Publié le 13 février 2018 - Modifié le 13 février 2018

Un fonds souverain qui se veut responsable

Censé faire fructifier les revenus pétroliers de l'État, le fonds norvégien - qui pesait mardi matin 8128 milliards de couronnes (960 milliards de francs) - est présent au capital de près de 9150 entreprises. Il possède ainsi 1,4% de la capitalisation boursière mondiale.

Géré par la Banque de Norvège, il obéit à des règles éthiques qui lui interdisent notamment d'investir dans les sociétés coupables de violations graves des droits de l'homme, celles qui fabriquent des armes nucléaires ou "particulièrement inhumaines", le charbon ou encore le tabac.

À ce titre, le fonds s'est désengagé de 11 entreprises en 2017, dont dix trop impliquées dans le charbon. Cela porte à 133 le nombre de sociétés inscrites sur sa liste noire à la fin de l'année, parmi lesquelles Boeing, Airbus, Wal-Mart, Rio Tinto ou encore Philip Morris.