Publié le 14 septembre 2017

La poste allemande teste la livraison du courrier un jour sur deux

Jusqu'au mois de décembre, 110 facteurs allemands ne distribueront le courrier que tous les deux jours.
La poste allemande teste la livraison du courrier un jour sur deux La Matinale / 1 min. / le 14 septembre 2017
Depuis l'été et jusqu'en décembre, la poste allemande mène un test de distribution du courrier un jour sur deux. L'expérience interpelle en Suisse, où les syndicats craignent la disparition progressive des facteurs.

Les clients des 110 facteurs concernés de la Deutsche Post sont volontaires car en Allemagne, comme en Suisse, la distribution quotidienne du courrier cinq fois par semaine est inscrite dans la loi.

La poste allemande justifie ce test par le changement d'habitudes des jeunes générations. Mais pour le président du Syndicat autonome des postiers (SAP) en Suisse, on cherche à se débarrasser petit à petit du facteur. "C'est clair qu'une partie de la population n'a plus besoin de cette distribution obligatoire avant midi, mais il y a encore une frange de la population qui en a besoin", souligne Olivier Cottagnoud. "Le postier était la seule personne que les personnes âgées rencontraient dans la journée."

Une évolution économiquement inévitable

Matthias Finger, professeur de management des infrastructures à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), estime de son côté que le changement est inévitable pour de simples raisons économiques. "Aujourd'hui, le cadre légal que La Poste doit respecter, et respecte, ne permet pas une distribution trois jours par semaine", constate ce spécialiste. "Mais l'indication qu'on a, c'est que les politiciens sont plutôt en train de durcir le mandat de service public de La Poste. De toute façon, c'est la tendance générale. Le courrier diminue, la réalité c'est que les gens ne vident plus tous les jours leur boîte aux lettres."

Nécessaire débat autour du service public

Pour Matteo Antonini, secrétaire du syndicat des médias et de la communication Syndicom, il faut une discussion de fond sur le service public, sans cesse repoussée jusqu'ici. "Une chose que La Poste ne doit pas oublier, c'est d'essayer de donner une valeur ajoutée au passage du facteur dans les ménages", relève-t-il.

Et d'illustrer cette valeur ajoutée: "Il pourrait, par exemple, sonner à la porte de personnes âgées spécifiques pour voir si elles vont bien." Le problème majeur de ce facteur "augmenté" est qu’il n’est pas payé pour créer des liens sociaux. Pour le syndicaliste, les communes et les cantons ont déjà pris les devants, ce sont les parlementaires qui traînent les pieds.

"A mon avis, il faut de toute façon en Suisse un discours plus général concernant l'étendue et le besoin d'un service public universel et de qualité. Au niveau parlementaire, on est loin encore de cette discussion de fond."

Alain Croubalian/oang

Publié le 14 septembre 2017