Modifié le 25 février 2016

Peter Renggli attaque la success-story de Nicolas Hayek et Swatch Group

Capture d'écran du site de l'hebdomadaire Biel Bienne.
Peter Renggli fait des révélations sur la success-story du Swatch Group Forum / 2 min. / le 24 février 2016
L'ancien patron du Swatch Group Nicolas Hayek, décédé en 2010, a été accusé mercredi par l'ex-président de la Société générale de l'industrie horlogère suisse d'avoir dévalué le consortium pour le racheter à bas prix.

Peter Renggli a présidé de 1975 à 1983  la Société générale de l'industrie horlogère suisse (ASUAG), consortium horloger géant que Nicolas Hayek a récupéré en 1985 et sur lequel il a bâti son succès et sa fortune.

Dans une interview accordée à l'hebdomadaire Biel Bienne, publiée mercredi, Peter Renggli reproche à Nicolas Hayek d'avoir dévalué l'ASUAG pour l'acquérir à bas prix.

"Ce n'est pas lui qui a créé cette fortune"

Egalement questionné dans l'émission Forum, il dit ne pas "attaquer Nicolas Hayek sur l’honneur" mais "constate que quelque chose est arrivé qui n’aurait pas dû arriver. Ce n’est pas lui qui a créé cette fortune. Et cette fortune n’est pas destinée à une seule personne. On a remplacé un monopole étatique par un monopole de fait privé, et c’est lui qui, tout d’un coup, s’est approprié tout ça."

Et d'ajouter: "Dans mon premier rapport, j’ai reconnu à Nicolas Hayek des mérites sur le plan commercial. Mais ça n’empêche pas qu’il aurait dû avertir les mandataires de la valeur énorme que représentaient ces produits, plutôt que d’encaisser un gain malhonnête, je m’excuse, d’un milliard, comme ça en dix ans."

>> L'interview de Peter Renggli dans Forum:

The Swatch Group est né de la fusion en 1983 des groupes ASUAG et SSIH.
Martin Ruetschi - Keystone
Forum - Publié le 24 février 2016

Swatch Group refuse tout commentaire

De son côté, Swatch Group a dit refuser toute interview: "Comme Peter Renggli était le chef de l'ASUAG durant les années de catastrophe, nous comprenons qu’il soit difficile pour lui de parler objectivement de ses propres échecs", déclare le porte-parole Bastien Buss.

"Un secret de polichinelle"

"Il s’agit d’un secret de polichinelle, tous les gens de la branche le savaient très bien", indique pour sa part Elmar Mock, un des créateurs de la montre Swatch et patron de l’entreprise Creaholic.

Dans le cadre de ce rachat, il estime par contre qu’il s’agit en premier lieu d’un mélange de ruse et de chance, plutôt que d’illégalité.

>> La réaction d'Elmar Mock et d'Eric Othnin-Girard dans Forum:

Elmar Mock, l'un des inventeurs de la Swatch, patron de l’entreprise horlogère CreaHolic.
Marcel Bieri - Keystone
Forum - Publié le 24 février 2016

hend

Publié le 24 février 2016 - Modifié le 25 février 2016

Pourquoi avoir réagi 30 ans plus tard?

Peter Renggli dit qu'il avait d'abord prévu de ne pas rendre publique sa version des faits. Il y a 30 ans, il avait versé des documents et un mémoire personnel aux archives économiques de l'Université de Bâle.

Un accord de confidentialité avait alors été signé jusqu'en 2015. Sachant que ses documents et son mémoire sont devenus accessibles au public, Peter Renggli a décidé de parler.