Publié le 15 janvier 2016

Les caisses de pension ont pris plus de risques après la fin du taux plancher

Des études chiffraient à 30, voire 40 milliards de francs  les pertes que subiraient les caisses de pension en 2015
Les caisses de pension ont pris plus de risques après la fin du taux plancher Le Journal du matin / 2 min. / le 15 janvier 2016
Les institutions de prévoyance ont adopté une stratégie de placement plus agressive l'an dernier, afin de combler le manque de rendement provoqué par l'abolition du taux plancher il y a un an, ainsi que les taux négatifs.

Avec la fin du taux plancher et les taux d’intérêts négatifs introduits par la BNS, les différentes études chiffraient à  30, voire 40 milliards de francs  les pertes que subiraient les caisses de pension en 2015. Un an après, ce scénario catastrophe ne s’est pas réalisé sur l’année, mais le manque de rendement a conduit les institutions de prévoyance à opter pour un profil de placement beaucoup plus risqué.

Faute de rendement sur les obligations suisses et sommées de s’acquitter des intérêts négatifs au-delà d’un certain montant, les caisses de pension ont non seulement diversifié leurs avoirs auprès d’un nombre plus important de banques pour tenter d’éviter ces intérêts négatifs, mais aussi  adopté une stratégie de placement plus agressive.

Immobilier et actions étrangères

Plutôt que de continuer à investir sagement et prioritairement dans les obligations suisses, les caisses ont choisi des investissements beaucoup plus risqués. Pour Graziano Lusenti, fondateur de Lusenti et Partners et conseiller pour les investisseurs institutionnels le constat est clair : "La décision de la BNS s'est insérée dans une conjoncture relativement difficile pour les caisses de pension (...) Beaucoup de caisses, pour réaliser des rendements suffisants, au moins pour compenser le taux minimum LPP, ont été contraintes d'effectuer plus de placements dans l'immobilier, en particulier l'immobilier suisse. On a également vu nombre de caisses investir davantage dans les marchés actions, notamment à l'étranger", a-t-il expliqué à la RTS.

Plus d’immobilier, plus d’actifs en devises étrangères, donc plus de risques. Une stratégie qui alimente aussi la surchauffe du marché immobilier que la BNS s’évertue par ailleurs à combattre. Un paradoxe qui n’est pas près de se résoudre.

Sylvie Belzer/jzim