Mise à jour le 22 novembre 2012

Ouverture tendue du sommet marathon sur le budget européen

Les dirigeants européens se sont assis autour de la table pour un sommet marathon.
François Hollande et Angela Merkel se sont rencontrés peu avant le début du sommet marathon. [BERTRAND LANGLOIS - AFP]
Au moment où s'ouvre jeudi soir le sommet européen sur le budget 2014-2020, François Hollande et Angela Merkel ne s'accordent que sur le fait qu'ils devront user du compromis. La Grande-Bretagne réclame une réduction drastique des dépenses.

Le marathon pour trouver un accord sur le projet de budget européen pour la période 2014-2020 a commencé dans la douleur jeudi soir à Bruxelles avec des dirigeants européens peu enclins à compromettre leurs intérêts nationaux au nom d'une Europe qui ne fait plus rêver leurs concitoyens.

Le chef de l'Etat français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont tous deux invoqué la nécessité de faire des compromis mais la chancelière a prévenu qu'il faudra peut-être un autre sommet pour aboutir.

Recherche de compromis

"L'Allemagne s'engagera dans les négociations de manière très constructive, mais représentera également ses propres intérêts", a prévenu la chancelière. "L'Europe, c'est un compromis, chacun doit venir avec ses positions, les défendre, chercher quelle est la meilleure voie pour emmener l'Europe pour sept ans", a plaidé François Hollande.

Les deux principaux dirigeants de l'UE sont arrivés au sommet sans avoir arrêté une position commune. Une rencontre bilatérale a été organisée à cette fin dès leur arrivée et François Hollande s'est dit confiant.

L'obstacle britannique

Mais leur souci partagé de parvenir à un compromis se heurte à l'intransigeance de la Grande-Bretagne, qui refuse toute dépense supplémentaire et un abandon de son rabais. "Je ne suis pas content du tout (des propositions sur la table), je vais négocier durement pour obtenir un bon accord pour les contribuables britanniques et européens et je veux conserver le rabais britannique", a-t-il prévenu après une rencontre avec le président du Conseil européen Herman van Rompuy.

David Cameron peut compter sur le soutien du Suédois Fredrik Reinfeldt, du Néerlandais Mark Rutte et du Finlandais Jyrki Kateinen, comme lui partisans d'une réduction drastique des dépenses.

Budget réduit de 75 milliards

Herman van Rompuy propose un budget de 973 milliards d'euros en engagements sur la période 2014-2020, soit 1,01% du PIB européen. Pour parvenir à ce chiffre, il a réduit de 75 milliards d'euros la demande de 1047 milliards d'euros de la Commission en procédant à des coupes dans toutes les politiques.

David Cameron n'a pas fourni d'évaluation chiffrée de ses demandes, mais selon les responsables européens engagés dans la négociation, "il demande des coupes supplémentaires de l'ordre de 40 à 50 milliards" sur l'ensemble de la proposition de Herman van Rompuy. "C'est infaisable", selon un responsable européen.

agences/vtom

Chypre est parvenue à un accord sur une aide financière

Chypre, dont l'économie est durement affectée par les retombées de la crise en Grèce, est parvenue jeudi à un accord sur une aide financière avec la troïka (UE, BCE, FMI), a annoncé l'agence nationale chypriote CNA.

Pour la première fois jeudi, le ministre chypriote des Finances Vassos Shiarly a fait état du montant des besoins financiers du pays en récession depuis six trimestres: "quelque 17 milliards d'euros", soit un montant quasi équivalent à son produit intérieur brut (PIB).

Avec cet accord, Chypre devient le cinquième pays de la zone euro (sur 17) à être placé sous assistance financière après la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne.