Mise à jour le 15 mai 2012

Une ex-responsable de la sécurité alimentaire dépose plainte contre Nestlé

Nestlé prévoit notamment d'investir sur le site de l'EPFL à Lausanne.
Un des arguments de Nestlé porte sur des aliments de qualité bénéfiques au consommateur. [Reuters]
Une ancienne sous-directrice de Nestlé attaque la multinationale pour harcèlement et dénonce des dysfonctionnements dans la gestion de la sécurité alimentaire. Elle réclame 2,1 millions de francs.

Ancienne vice-directrice du Département Quality Management à Vevey, en charge de la sécurité alimentaire de 2000 à 2010, Yasmine Motarjemi accuse Nestlé de harcèlement moral et psychologique. Selon la plainte, déposée en décembre 2011 devant la chambre patrimoniale cantonale (VD), ces pressions se sont déclenchées, à mesure que Mme Motarjemi dénonçait des dysfonctionnements en matière de sécurité alimentaire. "Gérer la sécurité alimentaire chez Nestlé, c’était comme ramer à contre-courant" témoigne cette ex-experte de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Plusieurs épisodes sont détaillés dans la plainte.

Biscuits pour bébés

En 2003, elle découvre plus de quarante réclamations de consommateurs signalant des cas de bébés qui ont failli s’étouffer avec des biscuits (P’tits biscuits à partir de 8 mois) vendus en France. Le problème est connu depuis des années, mais rien n’a été fait. Elle se battra pour que la composition des produits soit modifiée et tout rentrera dans l’ordre.

Elle soulève aussi la question du dosage des vitamines et des minéraux dans les préparations infantiles. Un groupe de travail est mis en place, mais rien n’en ressort. En 2005, Nestlé se retrouve sur la sellette en Chine, contraint de retirer du marché des laits en poudre contenant trop d’iode.

Harcèlement

Elle tente en vain d’alerter la hiérarchie. En janvier 2010, son contrat de travail est résilié. Contacté, le service de presse de Nestlé affirme que les accusations de harcèlement sont "complètement infondées et contraires à la réalité" (voir réaction).

Jean-Marc Duvoisin, responsable des relations humaines, invoque un rapport d’expertise rendu fin 2009 par Vicario Consulting – une société mandatée par la direction de Nestlé – qui conclu à l’absence de harcèlement. Yasmine Motarjemi estime que ce rapport n’est pas objectif, puisque seules les personnes désignées par la Direction de ressources humaines ont été entendues. "Aucun des témoins que j’ai proposé n’a été auditionné et je n’ai moi-même eu droit qu’à un seul entretien" explique-t-elle.

Agathe Duparc