Vers un coup d'accélérateur pour les alcools forts
10.02.2012 10:39Lors de l'exercice de distillation 2010/2011, 13'404 hectolitres d'alcool pur de boissons spiritueuses ont été produits en Suisse, soit une baisse de plus de 30% par rapport à l'année précédente. Ce recul s'explique par les mauvaises récoltes, de cerises et de prunes en particulier. Les résultats sont toutefois meilleurs que lors de la saison 2008/2009, a indiqué vendredi la Régie fédérale des alcools (RFA).
Conséquence: la part d'alcools suisses sur le marché a chuté, quand bien même les importations ont légèrement reculé, de 88'349 hectolitres d'alcool pur à 87'662 hectolitres. Au final, les recettes de l'impôt baissent aussi pour s'établir à 291,2 millions de francs.
La consommation de spiritueux reste quant à elle stable depuis plus de dix ans, avec en moyenne 1,6 litre d'alcool pur par an et par habitant.
Nouvelles plateformes de vente
La RFA mise sur la révision de la loi sur l'alcool, que le Conseil fédéral vient de soumettre au Parlement, pour apporter une "bouffée d'oxygène" à la branche. Il devrait ainsi être désormais possible de vendre kirsch et autres damassines sur les marchés hebdomadaires, qui pourront servir de nouvelle plateforme pour ces produits du terroir.
Les producteurs pourront en outre à nouveau se tourner vers les pommes de terre, la révision de la loi instaurant le libre choix des matières premières pour la distillation.
D'autres mesures ciblées sont prévues comme une réduction d'impôt pour les microproducteurs, des déductions pour pertes ou l'exonération fiscale des spiritueux entrant dans la fabrication de denrées alimentaires (fondues prêtes à l'emploi, chocolats).
Vers un abandon du monopole de la Confédération
D'une manière générale, la Confédération abandonnera son monopole sur la fabrication de spiritueux et remplacera le système de concession par une simple procédure d'annonce. Sur 43 autorisations nécessaires, 41 devraient en outre disparaître.
Dans les domaines pharmaceutique, chimique et industriel, les ventes d'éthanol restent quant à elles à un niveau élevé. Elles représentaient 37,1 millions de kilogrammes l'an dernier contre 37,2 millions en 2010.
ats/jzim