Crise de l'euro: l'UE appelle le monde à la rescousse
20.12.2011 07:51"L'Union européenne apprécierait que les membres du G20 (le forum des pays riches et émergents, ndlr) ainsi que d'autres pays membres du Fonds monétaire international financièrement solides soutiennent les efforts visant à préserver la stabilité financière mondiale en contribuant à augmenter les ressources du FMI", a indiqué le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, dans un communiqué.
Le texte a été publié à l'issue d'une réunion téléphonique des ministres des Finances de l'UE. Un premier pas y a été réalisé. Les pays de la zone euro se sont mis d'accord pour montrer l'exemple en fournissant 150 milliards d'euros au FMI pour renflouer ses caisses "sous forme de prêts bilatéraux". Le FMI dispose actuellement d'une capacité de prêt de 296 milliards d'euros (385 milliards de dollars).
Forte contribution allemande
Première économie de la zone euro, l'Allemagne versera logiquement le chèque le plus élevé, 41,5 milliards d'euros, devant la France (31,4 milliards d'euros), l'Italie (23,48 milliards d'euros), l'Espagne (14,86 milliards d'euros), les Pays-Bas (13,86 milliards d'euros) ou encore la Belgique (9,99 milliards d'euros). Cette enveloppe de 150 milliards d'euros de l'Union monétaire était attendue.
En revanche, l'objectif fixé au dernier sommet européen des 8 et 9 décembre de parvenir à un montant total de 200 milliards d'euros, en comptant des participations d'autres pays européens extérieurs à la zone euro, n'a pu être immédiatement atteint lundi.
La Grande-Bretagne, sollicitée à hauteur de 30 milliards d'euros, a elle campé sur son refus de mettre la main au portefeuille. Londres a suscité "l'amertume" de nombre de ses partenaires par son intransigeance, alors que beaucoup s'attendaient à un geste de sa part, selon une source européenne. La déception a été d'autant plus grande que le gouvernement britannique s'est justifié en excluant tout soutien ciblé en faveur de la monnaie commune. La Bulgarie a emboîté le pas à Londres en indiquant officiellement lundi soir qu'elle "ne prendra pas d'engagements financiers" envers le FMI.
Parmi les dix pays de l'Union européenne non membres de la zone euro, seuls quatre --la République tchèque, la Suède, le Danemark et la Pologne-- se sont fermement engagés lundi au cours de la réunion téléphonique à renforcer les ressources du FMI. La République tchèque a cependant ensuite souligné qu'elle n'avait pas encore arrêté sa décision. La Bulgarie a officiellement refusé lundi de participer au programme d'aide aux pays en difficulté de l'Union monétaire européenne, en déclarant qu'elle "ne prendra pas d'engagements financiers" envers le Fonds monétaire international (FMI).
Banque centrale européenne impuissante
La contribution du FMI au pare-feu est d'autant plus cruciale que la Banque centrale européenne continue à se faire prier pour sortir le "bazooka" face à la crise de la dette. Son président, Mario Draghi, a averti lundi que l'institut ne pouvait pas servir de pompier miracle. Devant le Parlement européen, il a rappelé que le financement des Etats par la BCE était "interdit", en réponse aux appels répétés lancés à l'institut monétaire pour qu'il soutienne plus activement les pays fragiles de l'Union monétaire via des achats massifs d'obligations sur les marchés. Ces propos ont déprimé les marchés boursiers. Wall Street a terminé dans le rouge avec un repli du Dow Jones de 0,84%.
Mario Draghi insiste pour que les gouvernements de la zone euro augmentent les ressources de leur propre mécanisme d'endiguement de la crise de la dette. Les ministres ont d'ailleurs également évoqué pendant leur réunion de lundi le Mécanisme européen de stabilité (MES), le dispositif appelé à entrer en vigueur mi-2012 et à remplacer définitivement un an plus tard l'actuel Fonds de sauvetage temporaire de la zone euro (FESF). Le MES doit à ce jour être doté d'une capacité de prêts de 500 milliards d'euros mais un débat est ouvert sur son augmentation.
afp/cab