Grande-Bretagne: plus de 10 milliards d'économies
28.06.2010 10:23Le plan annoncé par le gouvernement de David Cameron ne demeure
pas dans la modération. Les coupes franches vont voler dans les
ministères. Seuls la santé, la défense et l'aide au développement
sont épargnés, car ils pourront réinvestir dans leurs services
essentiels les économies qu'ils vont faire.
Les "quangos" (quasi-organisations non gouvernementales), des
organismes para-publics qui s'étaient multipliés sous les
travaillistes, seront fortement réduits. Les dépenses en
informatique, et les approvisionnements en général, vont
souffrir.
La seconde classe prendra le pas sur la première classe dans les
déplacements des officiels, et la marche à pied sera conseillée si
possible. Les recrutements sont gelés.
"Une onde de choc"
Il s'agit d'envoyer "une onde de choc" dans les ministères et
d'instaurer "des contrôles draconiens" sur les dépenses, a résumé
lors d'une conférence de presse commune avec le chancelier George
Osborne, le secrétaire d'Etat au Trésor David Laws, rallié comme le
reste des Libéraux démocrates à ces mesures de rigueur.
George Osborne a lui noté que "c'est la première fois que ce
gouvernement annonce des décisions difficiles sur les dépenses
publiques", et a reconnu que "ce n'est pas la dernière".
Ce premier train de mesures sera suivi en effet de l'annonce le 22
juin d'un nouveau budget pour l'année fiscale qui s'achève fin mars
2011, puis à l'automne par une revue complète des dépenses
publiques.
Le plus gros déficit de l'UE
George Osborne a remarqué que le Royaume-Uni était, parmi les 27
pays de l'UE, "celui qui a le plus gros déficit", avec 156,1
milliards de livres (260,6 milliards de francs) sur l'année
budgétaire achevée fin mars, soit 11,1% de son PIB.
Accusant le précédent gouvernement travailliste "de s'être fait
l'avocat de la tergiversation", le chancelier a assuré que "le
Royaume-Uni est désormais à la pointe de la responsabilité
budgétaire", une détermination qu'il compte voir apprécier par les
investisseurs étrangers.
Si le patronat a fait part de satisfaction et les syndicats de
leur inquiétude (voir ci-contre), les analystes estiment quant à
eux que ces baisses des dépenses publiques sont largement
symboliques et ne changeront pas grand chose à l'ensemble du
déficit britannique, qui devrait dépasser 160 milliards de livres
cette année.
afp/boi