Ecarts salariaux décriés par Travail.Suisse
28.06.2010 10:30Et dans le sillage des sociétés aux plus grosses rémunérations se bouscule le peloton des autres firmes dans une véritable course de rattrapage. Les grandes banques, les géants pharmaceutiques et Nestlé ont pris goût à l'ivresse des hauteurs, a souligné Travail.Suisse lundi à Berne, en présentant à la presse sa troisième étude sur le sujet.
Banques et pharmas épinglés
Credit Suisse, UBS, Novartis, Roche et Nestlé composent toujours
le top cinq des salaires les plus élevés. Les dirigeants des 28
sociétés examinées ont empoché en tout 199 millions de francs l'an
passé. Ils ont joui d'une hausse moyenne de 19% pendant que les
autres travailleurs n'obtenaient que 0,1% d'augmentation
réelle.
«Gare au syndicat qui revendiquerait une hausse des salaires de 10
ou 20%», a noté Susanne Blank, responsable de la politique
économique chez Travail.Suisse. Les chefs lui reprocheraient
d'avoir perdu tout contact avec la réalité.
Les salariés sont "escroqués"
En considérant l'évolution entre 2003 et 2006, les chefs des
sociétés étudiées ont même profité d'une hausse salariale de 66%.
Le salaire réel des travailleurs a progressé de tout juste 0,8%. La
hausse salariale réelle des dirigeants entre 2003 et 2006 s'est
donc révélée 80 fois plus importante que celle des autres employés
en pourcentages relatifs.
«Face à eux, les salariés font figure d'escroqués», assènent les
auteurs de l'enquête. Et le groupe de tête des gros salaires, qui
suscite année après année l'attention des médias, n'est pas suivi
d'un peloton de patrons raisonnables, déplore Travail.Suisse. «Les
chefs des entreprises hier irréprochables font désormais aussi la
course aux salaires les plus juteux.»
Travail.Suisse compte poursuivre ses enquêtes et sa lutte pour
plus de clarté. Les entreprises dépensent tant de millions pour
leur image - elles ne supporteront pas longtemps qu'elle soit
détériorée par une transparence accrue, a souligné le président du
syndicat Hugo Fasel.
ats/hof