Modifié le 17 janvier 2018

"Cold Blood", la mort n'avait jamais été aussi belle

"Cold Blood" au Théâtre de Carouge.
Spectacle: "Cold blood" mise en scène de Van Dormael et De Mey au Théâtre de Carouge Culture au point / 7 min. / le 12 janvier 2018
Au Théâtre de Carouge jusqu'au 3 février, le spectacle belge "Cold Blood" raconte sept morts en direct par le biais du cinéma, de la danse et des mots. Féérique.

Un plateau de cinéma avec ses rails, ses caméras et ses moniteurs. Silence, on tourne. Les techniciens sont vêtus de noir et se déplacent en silence dans un ballet bien réglé. Les effets spéciaux se créent en direct, sous vos yeux de spectateur. Moteurs. Les caméras filment des maquettes, l'image est projetée sur un écran géant dressé devant vous. La maison de poupée devient une vaste demeure; une flaque se transforme en océan furieux; des tissus sont métamorphosés en montagnes encerclant un lac gelé; une lampe de poche et quelques modèles réduits nous font revivre Dresde assaillie par les bombardiers alliés en 1945. Tout ceci se déroule sur la scène du Théâtre de Carouge.

Index et majeur jouent des claquettes

Imaginez maintenant de la danse. De la toute petite danse. Avec les bras, les mains ou juste les doigts. Elle aussi se déroule devant vous, sur cette même scène, face aux caméras. Les objectifs suivent index et majeur jouant des claquettes avec des dés à coudre au bout des doigts. Plus tard, ces mêmes doigts conduisent une mini voiture ou jouent les papillons voletant devant un kaléidoscope dans un bel effet psychédélique.

>> "Cold Blood" dans "Vertigo" sur La Première:

Cold Blood est à l'affiche du Théâtre de Carouge.
Julien Lambert - DR
Vertigo - Publié le 15 janvier 2018
 

Quand la vie s'achève

Ajoutez à ces visions, le récit de sept morts. Des décès commentés par une voix off et joués par ce fascinant ballet de mouvements, d'images et d'illusions d'optique. On entend aussi de la musique. Les voix bien vibrantes d’artistes disparus: Janis Joplin, La Callas, David Bowie… Il est question des causes, des circonstances et surtout des ultimes sensations avant que la vie s’achève.

Singulier spectacle que "Cold Blood". Son titre rappelle un fameux fait divers américain qui donna un récit sanglant signé Truman Capote. Son titre faussement morbide tient plus du rêve éveillé et du jeu d’enfants. Les spectateurs se retrouvent happés, émerveillés, par cette création en équipe qui mêle danse, cinéma et littérature et célèbre d'avantage la vie que le trépas qui la ponctue.

Un trio belge

On doit "Cold Blood" à un trio belge: le cinéaste Jaco Van Dormael, naguère auteur des films "Toto le héros" et "Le Huitième jour", la danseuse Michèle Anne de Mey, qui fut de l’aventure de "Rosa danst Rosas" de sa compatriote chorégraphe Anne Teresa de Keersmaeker et l'écrivain Thomas Günzig. Le trio a déjà imaginé un premier spectacle lié au monde de l’enfance. "Kiss and cry" a depuis fait le tour du monde. Et "Cold Blood" ne vous laissera pas froid.

Thierry Sartoretti/mh

Publié le 16 janvier 2018 - Modifié le 17 janvier 2018