Modifié le 12 juillet 2018

Le charme folk étincelant d'Isaac Gracie, baladin des temps modernes

Le jeune chanteur britannique Isaac Gracie au Montreux Jazz Festival, le 10 juillet 2018.
Le jeune chanteur britannique Isaac Gracie au Montreux Jazz Festival, le 10 juillet 2018. [Mehdi Benkler - RTS]
Isaac Gracie, jeune chanteur et guitariste britannique aux allures de baladin, était de passage mardi soir au Montreux Jazz Festival. Quelque part entre Nick Drake, Jeff Buckley et Kurt Cobain, son univers onirique et mélodique aux fêlures revendiquées séduit.

Des allures de baladin d'un autre temps ou des temps modernes avides de recyclages incessants. Un air de barde folk suranné, légèrement dépenaillé, ou de Dorian Gray pop. Le Britannique Isaac Gracie a l'élégance d'un petit prince aux cheveux blonds, longs et fins, et une voix d'or. Quand il débarque sur le stand de la RTS à l'heure de l'interview mardi après-midi à Montreux, il dégage une grâce et une sérénité saisissantes. Et quand il entonne en direct sur Couleur 3, guitare-voix divine, sa version de "Last Words" qui l'a révélé, un ange passe. En même temps qu'un bref flot de mélancolie.

Quelque part entre un Nick Drake pastoral et mélodique, un Jeff Buckley plus intense et lyrique, voire un Kurt Cobain au rock écorché, Isaac Gracie possède déjà à 22 ans un sens de l'onirisme qu'il n'hésite pas à métamorphoser en cauchemar. La lumière sied aussi bien que l'ombre à ce garçon qui a commencé à chanter dans une chorale d'église dès l'âge de 11 ans avant de muer et de s'initier à la guitare pour trouver une autre voix.

>> A écouter: interview et un titre live de Isaac Gracie dans "Toutouyoutour"

Le jeune chanteur britannique Isaac Gracie au Montreux Jazz Festival, le 10 juillet 2018.
Mehdi Benkler - RTS
Toutouyoutour - Publié le 10 juillet 2018

Après avoir mis en ligne la vidéo de son titre qui reste toujours phare "Last Words", le directeur d'une importante multinationale du disque américaine prend l'avion pour assister à l'un de ses concerts londoniens. Depuis, le conte de fée se poursuit, entretenu par la sortie de son premier album éponyme. Sans penser que la musique le mènerait aussi loin, et notamment sur les bords du Léman. "C'est une bénédiction", confesse ce fils d'une poétesse et psychothérapeute que la prose ciselée de Leonard Cohen tout comme les écrivains de la Beat Generation ont beaucoup inspiré.

Les chansons à la fois charmeuses et ensorceleuses d'Isaac Gracie ont en tout cas l'âme volontiers en peine, des chemins pour horizon, des voiles de mystère, des mélodies graciles et des saccades fébriles. Son répertoire embrasse la douceur et la rage dans un même élan. Depuis ses débuts bricolés avec l'EP justement baptisé "Songs From My Bedroom" (2016), le jeune homme ne cesse de séduire une plus large audience. Jusqu'à se produire en tournée aux côtés des Australiens Angus et Julia Stone, qui ont sans doute trouvé en Isaac Gracie un bain de jouvence.

Olivier Horner

>> A consulter aussi: le suivi de l'actualité du 52e Montreux Jazz Festival: Toute l'actualité du 52e Montreux Jazz Festival

 

Publié le 11 juillet 2018 - Modifié le 12 juillet 2018