Publié jeudi à 15:47

Sylviane Friederich tourne la page de La librairie de Morges

Sylviane Friederich
Sylviane Friederich: Le livre passionnément ! Versus-lire / 35 min. / jeudi à 11:08
Une vie durant, tournée vers la lecture: des milliers de livres avalés, des livres passés plus loin. C'est la vie de Sylviane Friederich, plus de 40 années de libraire indépendante, qui s'apprête à tourner la page de La librairie de Morges.

Tout commence à Morges, dans une famille où on ne lisait pas vraiment. Le père était tonnelier-encaveur. Pas de livres ou presque, une série de volumes de la collection Nelson toutefois léguée par un grand-père. De précieux petits livres et l'occasion de découvrir Balzac, Zola ou Dumas. Le virus était inoculé. Suivent très vite, dès dix ans, des virées incessantes à la bibliothèque municipale. Lire et lire encore. Curieuse et autodidacte, Sylviane vouera sa vie au livre.

Comme une évidence

Sylviane Friederich entre en apprentissage, à 16 ans, à la librairie de l'Ale, à Lausanne. Suivra très naturellement l'ouverture en 1978 de sa librairie-galerie, dans le quartier morgien de Couvaloup. Avant le déménagement à La librairie, en 2003, une ancienne quincaillerie où aménager l'espace de ses rêves.

Un lieu où le lecteur se sent comme chez lui, avec ses refuges, ses recoins et des tapis d'Orient pour que les enfants puissent s'étaler et s'installer.

60 ans de lecture 

Et si par hasard vous demandez à Sylviane Friedrich quel est le livre qui a bouleversé sa vie: elle se lance dans une litanie, avant de s'interrompre. Impossible, car pour elle chaque livre lu est une pierre porteuse de l'édifice d'une vie. Des livres et parfois des pépites. Une nourriture vitale.

Lire pour comprendre, lire pour apprendre, lire pour conseiller, lire et encore lire au point de culpabiliser au moindre temps pris à la lecture.

Préretraite

Aujourd'hui, Sylviane Friederich passe la main. Loin d'angoisser, elle se réjouit. "Enfin je vais pouvoir lire ce que je veux". Pendant 40 ans, elle s'est levée tous les matins à 6h, aujourd'hui elle se réjouit de "casser le rythme".

Sans oublier les auteurs, les livres, les libraires pour autant. Sylviane Friederich parle de préretraite, car elle poursuit les mandats qui lui tiennent à cœur. A l'international, elle siège dans le conseil d'administration de l'association des librairies francophones, dont elle a collaboré à la fondation. En Suisse, pour le centre national du livre. Loin d'elle l'idée de perdre le fil.

Marlène Métrailler/ld

Publié jeudi à 15:47