Publié le 10 novembre 2017

Olivier Guez, prix Renaudot 2017: "Mengele, je l'ai suivi pas à pas"

Olivier Guez
Olivier Guez: "La Disparition de Josef Mengele" Versus-lire / 36 min. / le 08 novembre 2017
"La disparition du docteur Mengele", thriller haletant et enquête fouillée, a figuré sur plusieurs listes de prix. Lundi dernier, l'ouvrage d'Olivier Guez qui a nécessité trois ans de travail a été auréolé du prix Renaudot 2017.

Josef Mengele, le nom seul suffit à faire frissonner tant il est emblématique des atrocités commises par les nazis sur les juifs durant la deuxième guerre mondiale. Et c'est sur les traces de cet ancien médecin-tortionnaire à Auschwitz que s'est lancé Olivier Guez, pour écrire son livre "La disparition de Josef Mengele".

Il lui aura fallu trois ans de travail de recherche et d'écriture pour rassembler les informations nécessaires à la rédaction de son livre, publié aux éditions Grasset. Un ouvrage – à mi-chemin entre récit et roman - qui suit pas à pas le docteur Mengele. 

Ce prince des ténèbres européennes. Qui a disséqué, torturé, brûlé des enfants. Ce fils de bonne famille qui a envoyé 400'000 hommes à la chambre à gaz en sifflotant.

Citation extraite de "La disparition du docteur Mengele" d'Olivier Guez
 

Le livre est construit en trois parties: Le Pacha, Le Rat, Le Fantôme... Et s’attache à la cavale de ce criminel de guerre, médecin chef du camp d'extermination d'Auschwitz.

Fuite en Amérique latine

Après la guerre, en 1949, et par crainte d'être jugé pour ses crimes, il fuit en Amérique latine. D'abord en Argentine, puis au Paraguay et au Brésil. Sous un faux nom, celui d'Helmut Gregor. Il devient un fugitif prudent, qui travaille de ses mains, qui loge où il peut...

Une vie, d’abord au sein de la "Nazi Society" de Buenos Aires, ce cosmos germano-argentin tout puissant, très bien intégré par Peron dans la capitale argentine. Pourtant au fil des années, Mengele finira par mener une existence d’errance dans une sorte de prison à ciel ouvert.

Mort mystérieuse sur une plage

Comment comprendre sa longue absence des radars de la justice internationale? Comment expliquer que Mengele ait échappé à tout le monde jusqu'à sa mort, mystérieuse, sur une plage brésilienne en 1979?

Pour répondre à ces questions, pour composer son livre, Olivier Guez s’est rendu en Amérique latine, à plusieurs reprises. Il a fouillé dans les archives historiques. Une enquête qui s'éloigne du travail exclusivement littéraire pour se transformer en combat.

Rappelons qu’Olivier Guez est à la fois journaliste, scénariste et écrivain. Il a consacré plusieurs ouvrages à l’Europe de l’immédiate après-guerre, dont un essai "Sur l'impossible retour des juifs en Allemagne" et un scénario "Fritz Bauer, un héros allemand", en 2015.

Se méfier des hommes

"La disparition de Josef Mengele" est un thriller haletant. Et pourtant de la question du mal, du mal absolu - de comment un homme sans qualité mais sans défauts non plus se transforme en monstre -, il n'en est pas question ici.  "Je n'ai jamais été dans sa tête, mais je l'ai suivi pas à pas", explique Olivier Guez à la RTS. "L'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes", conclut-il dans la dernière page de son livre.

Linn Levy/Marie-Claude Martin

Publié le 10 novembre 2017