Modifié le 16 mai 2018

Les "profils fantômes" de Facebook sous le regard de Calypso Mahieu

Une image du projet "Je vivrai pour toi" de Calypso Mahieu.
Une image du projet "Je vivrai pour toi" de Calypso Mahieu. [Calypso Mahieu - DR]
Pour son projet photographique "Je vivrai pour toi" exposé aux Journées photographiques de Bienne, Calypso Mahieu s'est penchée sur les profils Facebook de personnes décédées qui continuent à être actifs.

Parmi les travaux exposés aux Journées photographiques de Bienne, dédiées cette année à la notion de bonheur, on trouve celui de Calypso Mahieu, une jeune photographe suisse diplômée de l'ECAL qui vit entre Paris et Lausanne.

Elle aborde ce thème du bonheur de manière paradoxale puisque son point de départ a été la mort d'une de ses connaissances. Interrogée par la RTS, elle raconte que suite à l'annonce de ce décès, son premier réflexe a été d'aller sur le profil Facebook de son amie. Elle réalise alors que de nombreuses personnes continuent à commenter, mettre des photos et raconter des souvenirs sur le compte de la disparue.

C'est comme si son profil Facebook était devenu une sorte de mémorial.

Calypso Mahieu, photographe

Facebook, cimetière digital

L'artiste s'intéresse alors à ces profils fantômes qui deviennent des espaces de recueillement et qui semblent parfois servir de communication avec l'au-delà. Elle s'appuie sur une étude qui montre qu'en 2065, il y aura sur Facebook plus de comptes de personnes décédées que de comptes de personnes vivantes, le réseau social devenant ainsi petit à petit un cimetière digital.

>> A écouter: L'émission "Nectar" consacrée aux Journées photographiques de Bienne

Visuel des 22e journées photographiques de Bienne.
DR - facebook.com/Jouph
Nectar - Publié le 14 mai 2018

La photographe capte des images de comptes qui devraient être désactivés, mais qui continuent d'exister, malgré le décès de leurs propriétaires. Calypso Mahieu choisit des cadrages qui permettent d'assurer l'anonymat. "Je ne voulais pas forcément montrer des visages mais plutôt des éléments qui soient forts, comme un sourire, un regard ou un bout de phrase".

Le deuil peut amener au bonheur

La Suissesse n'a pas axé son travail sur le côté glauque ou triste de cette réalité, mais a voulu montrer le côté positif de ce processus qui permet d'ouvrir un espace de souvenirs et de mémoire. Pour Calypso Mahieu, "le deuil est un processus qui peut amener au bonheur."

Sujet radio: Florence Grivel

Adaptation web: Andréanne Quartier-la-Tente

Les Journées photographiques de Bienne, du 4 au 27 mai 2018

Publié le 16 mai 2018 - Modifié le 16 mai 2018