Publié le 10 janvier 2018

Le scandale des faux Modigliani éclabousse un curateur tessinois

Une exposition au Palazzo ducale de Gênes (photo) était consacrée à une cinquantaine d’oeuvres signées Amedeo Modigliani.
Le scandale des faux Modigliani éclabousse un curateur tessinois Le 12h30 / 2 min. / le 10 janvier 2018
Selon une experte, 21 des 50 tableaux exposés à Gênes l’an dernier sont des contrefaçons. Le scandale résonne au Tessin puisqu’il met en cause Rudy Chiappini, responsable des Services culturels de la ville de Locarno et curateur de l'exposition.

L'exposition avait ouvert ses portes en mars dernier au Palazzo ducale de Gênes et elle était consacrée à une cinquantaine d’oeuvres signées Amedeo Modigliani. Signées, peut-être, mais certainement pas de la main de l’artiste italien, rendu célèbre par ses portraits aux visages et aux cous allongés reconnaissables entre tous.

Isabella Quattrocchi, l’experte mandatée par la ministère public de Gênes est formelle: les 21 tableaux séquestrés en juillet dernier, après l’alerte aux contrefaçons lancée par deux spécialistes de l’oeuvre de Modigliani, sont tous faux, à l’exception d’un dessin.

Le curateur tessinois rejette les conclusions

Depuis le début de l’affaire et l’interruption de l’exposition qui avait fait grand bruit en Italie et au-delà, Rudy Chiappini, curateur de l'exposition, clame sa bonne foi. Il explique que ces tableaux ont été exposés à plusieurs reprises avant la manifestation de Gênes l’été dernier et qu’il s’est basé sur le matériel d’information relatif à ces oeuvres. C’est à ses auteurs qu’il faut s’adresser, dit-il. 

Il reste dans le collimateur de la justice italienne, qui l’a mis en examen pour délit de faux, recel et escroquerie. De son côté, le Palazzo ducale de Gênes se considère comme "partie fortement lésée".

Soutien des autorités de Locarno

Lorsque l'affaire a éclaté, les autorités communales de Locarno avaient pris la défense de leur collaborateur, sans entrer en matière sur l’enquête pénale en Italie et sans attendre les conclusions des magistrats. Ce qui a fortement déplu au Parti socialiste qui l’a fait savoir dans une interrogation parlementaire.

Cette nouvelle expertise n’arrange pas les affaires du curateur. En Italie, certains évoquent déjà le plus grand scandale du monde de l’art de ces dernières décennies.

Nicole della Pietra/mcc

Publié le 10 janvier 2018