Révélations sur la fragilité psychologique de Michael Jackson
Des messages dévoilés par le Los Angeles Times éclairent d'un jour nouveau la fragilité psychologique de Michael Jackson peu avant sa mort et les relations tendues qu'il entretenait avec les promoteurs de sa tournée de 50 concerts prévus à Londres.
Selon le quotidien américain, les "250 pages" de courriels obtenues "montrent à quel point les hauts responsables" de la société de promotion des concerts, AEG, "étaient au courant des doutes sur la stabilité de Michael Jackson".
"MJ est enfermé dans sa chambre, bourré et déprimé. J'essaie de le faire dessaouler", écrit un jour Randy Phillips, directeur d'AEG Live, la branche concerts d'AEG, à son patron, Tim Leiweke.
"Il est flippé à mort", écrit encore Randy Phillips, qui a selon ses courriels fini par devoir habiller lui-même le chanteur, avec l'aide de son manager.
Comportement obsessionnel
Face aux doutes de la star, les responsables d'AEG ont commencé à cerner les risques que présentait le défi des 50 concerts, et ont accru la pression, selon le Los Angeles Times.
Ces témoignages vont à l'encontre des affirmations de la société, qui affirmait que Jackson était en bonne santé, comme l'avait indiqué un médecin suite à un examen exigé pour la signature du contrat.
Quelques semaines avant le début de la tournée (programmée mi-juillet 2009), le directeur du spectacle, Kenny Ortega, a de son côté prévenu Randy Phillips: "Il montre de forts signes de paranoïa, d'angoisse et de comportement obsessionnel". Il appelait alors à un examen psychiatrique du chanteur.
Michael Jackson est mort peu après, le 25 juin, à l'âge de 50 ans. En août, toujours d'après ces documents, Randy Phillips écrit à un collègue de l'industrie musicale: "La mort de Michael Jackson est une tragédie, mais la vie continue. AEG va engranger une fortune avec les ventes de produits dérivés, les tickets, l'exposition et le DVD du film".
Révélations gênantes pour le promoteur
Ces révélations peuvent avoir des conséquences sur deux procès en cours visant AEG. L'un est intenté par les héritiers Jackson, qui accuse AEG d'avoir exercé une pression énorme sur le chanteur en dépit de ses signes de faiblesse.
L'autre vient de la compagnie d'assurance d'AEG, Lloyd's of London, qui cherche à faire annuler une compensation de 17,5 millions de dollars (13,9 millions de francs) qu'AEG a négociée en se basant sur de fausses déclarations sur la santé et la capacité de Michael Jackson à assurer son spectacle, affirme-t-elle.
AFP/pym