Avec "Four", les Anglais de Bloc Party reviennent de loin
Après le hiatus de Bloc Party en 2009 pour permettre notamment à son leader Kele Okereke d'enregistrer son album solo, de sérieux doutes persistaient quant à une éventuelle reformation. Des doutes définitivement écartés avec "Four", un quatrième opus tout en puissance.
Retour au rock
Sous l'influence de son chanteur, le groupe s'était quelque peu perdu avec "Intimacy" (2009), où les guitares avaient été délaissées au profit d'un son plus "électro". "Four" marque le retour de vrais instruments et remet ainsi Bloc Party sur les rails du rock.
Le titre "3x3", notamment, fait partie des compositions les plus dynamiques jamais enregistrées par le quatuor.
Un jeu des extrêmes maladroit
Principal bémol sur cet opus cependant: une succession de titres soit très dynamiques ou, au contraire, très lents. Ce jeu des extrêmes inflige une incohérence certaine à l'album. En effet, l'énergie gagnée sur "Truth" par exemple se perd instantanément lorsque débute le traînant "Healing".
Sans compter que les chansons plus calmes sont les moins inspirées. C'est le cas notamment de "Real Talk" qui aura sans doute du mal à séduire le public.
Au milieu des extrêmes, on retiendra "Octopus" qui joue le rôle de pondérateur avec ses guitares frénétiques et sa mélodie pop et accrocheuse.
Lynyrd Skynyrd fidèles à eux-mêmes
Les vieux rockeurs de Jacksonville en Floride enregistrent un treizième album qui, sans surprise, transpire le blues-rock et la country.
Comme AC/DC, Lynyrd Skynyrd fait partie de ces groupes qui ne sont jamais sortis des sentiers battus et qui sont reconnaissables dès les premières notes. Les neuf musiciens américains le prouvent une fois de plus avec "Last of a Dyin' Breed" qui fait la part belle aux guitares, aux claviers et aux choeurs.
Au final, onze morceaux parfaits pour la scène, mais qui manquent tout de même d'originalité et qui ont trop tendance à se ressembler.
Des compositions trop prévisibles
Tandis que "Last of a Dyin' Breed" démarre sur les chapeaux de roues avec un titre éponyme de rock certes très classique mais néanmoins intéressant, le disque tend à s'essouffler rapidement.
Les deux ballades "Ready to Fly" et "Something to Live for" souffrent notamment d'un grave "déjà entendu", tout comme "Homegrown" qui semble directement sorti du catalogue musical de feu Stevie Ray Vaughan.
Deux exceptions à noter cependant: "Mississipi Blood" et "Honey Hole" qui se démarquent chacun par des transitions parfaitement dosées entre les couplets et les refrains.
Jolie réussite du Zurichois Biggles
Le musicien zurichois Biggles sort "Cloudpseaker", un cinquième album dominé par sa guitare sèche et sa voix sensible. L'auteur-compositeur suisse y propose douze titres dans la veine d'artistes tels que Damien Rice, Elliott Smith ou Radiohead, emplis de légèreté.
Dans ses compositions, toutes interprétées en anglais, Biggles alterne tons graves et aigus avec une aise remarquable, comme sur "Fireworks" ou "The Slow Blade Penetrates the Shield".
Parmi les moments forts, notons la mélodie accrocheuse de "Let a New World Begin", ainsi que la puissante basse sur "21st Century Foxtrot".
Mathieu Henderson