La toujours coincée Catherine Frot à l'assaut de la Bretagne
Envie de voir un film quelque part entre "Bienvenue chez les Ch'tis" et "The Full Monty", mais plus proche du premier? Allez voir "Bowling", une comédie française qui essaie de tirer les ficelles du drame social à l'anglaise.
Pour son second film après "Ma première fois", Marie-Castille Mention-Schaar s'inspire d'une histoire vraie: en 2008, toute une contrée bretonne s'était mobilisée pour éviter la fermeture de la maternité. Et les manifestants avaient réussi à faire plier le gouvernement. Le scénario reprend ce canevas en ajoutant un quatuor d'actrices de talent et un ingrédient surprise: le bowling.
Catherine Frot toujours aussi coincée
Le bowling réunira-t-il les trois Bretonnes et la Parisienne? [RTS]
Si la critique ne semble pas emballée par "Bowling", le casting n'en demeure pas moins intéressant. Il y a d'un côté les trois habitantes de Carhaix qui se battent pour l'hôpital, la sage-femme de caractère (Mathilde Seigner), la puéricultrice en grève de la faim (Firmine Richard) et la propriétaire du bowling et future maman (Laurence Arné).
Ce trio voit arriver la coincée par excellence, la snob parisienne, celle qui est chargée de fermer les lieux, campée par une Catherine Frot comme toujours en grande forme, et surtout dans ce type de rôle. D'abord en guerre, ce carré d'as finit par sympathiser sur un jeu de quilles, oubliant presque l'hôpital et ses problèmes.
Un film sur et avec Woody Allen
Patrick Bruel aura bien du mal à s'immiscer dans la relation entre Alice Taglioni et Woody Allen. [RTS]
Prenez les films de Woody Allen "Midnight in Paris" et "Manhattan" et vous obtiendrez "Paris-Manhattan", le premier long métrage de Sophie Lellouche. Prenez "Alice" du cinéaste américain et vous aurez le nom du personnage principal. Prenez "Tout le monde dit I love you" et vous débusquerez son scénario.
"Paris-Manhattan" tourne totalement autour de la passion sans borne de son héroïne (interprétée par Alice Taglioni) pour Woody Allen. Sophie Lellouche a aussi voulu insuffler dans son film une atmosphère digne du réalisateur. Et le coup de force réside surtout dans l'apparition inattendue de Woody Allen himself!
Alice pharmacienne et Victor séducteur
Cette comédie romantique met tout d'abord en scène Alice, une jolie pharmacienne célibataire, qui préfère converser avec le portrait de Woody Allen à tenter de trouver un mari, pour le plus grand désespoir de sa famille.
Mais arrive Victor, pas nettoyeur mais séducteur, qui est joué par Patrick Bruel. Celui-ci déteste évidemment Woody Allen et ne semble pas prêt à faire le premier pas vers Alice. Commence alors un long travail d'apprivoisement. Lui doit accepter Woody au dessus du lit et elle doit accepter un homme en dessous du portrait de Woody. Et ils eurent évidemment beaucoup d'enfants...
Le père et la fille que tout sépare
Roschdy Zem et Leïla Bekhti tentent de renouer les liens. [RTS]
Un homme qui fuit sa paternité pour se concentrer sur sa carrière. Une fille minée par son hostilité pour ce père qu'elle ne connaît pas. Les deux héros de "Mains armées" auraient pu être séparés à jamais, mais l'un traque les trafiquants à Marseille et l'autre les dealers à Paris. Et leurs enquêtes vont inévitablement prendre le même chemin.
Pierre Jolivet, auteur d'une quinzaine de films et révélé par "Ma petite entreprise" en 1999, signe ici un polar sans concession, dans lequel ni le père ni la fille ne sortiront indemnes. C'est aussi la 5e collaboration entre le cinéaste et son acteur fétiche Roschdy Zem.
Un Marc Lavoine étonnant en méchant
Flag, braquage, dealers, indics, flics pourris, le parti pris de "Mains armées" est entièrement réaliste, tant dans l'enquête policière que dans la quête filiale. Hostilité et culpabilité pèsent sans cesse sur ces deux flics. Les liens entre ce binôme sont encore durcis par la présence d'un 3e homme, qui prétend protéger la fille, mais qui est en fait le pourri en chef.
Et l'homme choisi par Pierre Jolivet pour donner la réplique à Roschdy Zem et Leïla Bekhti n'est autre que Marc Lavoine. Habitué aux rôles de séducteur, comme dans "Le coeur des hommes", le chanteur aux yeux revolver est surprenant dans ce rôle de méchant, charmeur mais vil.
Frédéric Boillat