Sorties ciné: un antihéros et un vrai-faux héros
28.06.2010 13:43"Avant de finir dans la neige avec une balle dans le ventre,
j'avais à peu près tout ce qu'un homme peut désirer ici-bas." Dans
"Blanc comme neige"
, le deuxième
film de Christophe Blanc, le personnage de Maxime (François Cluzet)
passe en un instant d'une paisible vie pépère aux angoisses d'un
homme traqué.
Vendeur de voitures vaniteux, propriétaire d'une luxueuse villa et
tendre époux d'une femme séduisante (Louise Bourgoin), Maxime doit
soudain rendre des comptes à de sombres malfrats après l'assassinat
de son principal associé. Terrorisé et incapable de réagir, doit
faire appel à ses deux frères, des ratés qu'il méprisait
jusque-là.
Rôle taillé pour François Cluzet
Cluzet avait été "césarisé" pour un film très
similaire. [DR]
La touche d'originalité de ce
thriller plutôt classique réside dans les liens qui unissent cette
fratrie en danger. On ne veut pas abandonner ses préjugés, mais on
se serre les coudes. Le dépensier, le flemmard et le parvenu se
retrouvent, même si le résultat reste souvent confus.
Le film repose en grande partie sur le talentueux François Cluzet,
qui excelle dans ce type de rôle. Un registre qui lui avait
d'ailleurs valu un César pour "Ne le dis à personne" de Guillaume
Canet en 2007.
Quant à Louise Bourgoin, ex-miss météo sur Canal+ qui tente une
reconversion, elle s'affirme un peu plus au cinéma, après son
récent rôle d'Adèle Blanc-Sec dans le dernier film de Luc
Besson.
N'est pas Superman qui veut
"Kick-Ass" révolutionne le monde des
comics. [DR]
Comment devient-on un superhéros? La
réponse est simple, il suffit de le vouloir... ou presque.
"Kick-Ass"
, le troisième film de
Matthew Vaughn, met en scène un adolescent timide et invisible qui
décide de devenir le nouveau héros de New York. Sauf qu'il n'en a
ni la carrure, ni, surtout, les pouvoirs.
Le jeune Dave (Aaron Johnson), qui est fan absolu de superhéros,
n'en a cure: il se fabrique un costume, certes un peu ridicule, et
s'invente un nom, "Kick-Ass". Sa première superintervention est
aussi courageuse que loufoque.
Mais cette bagarre contre de petits malabars est filmée et elle
devient rapidement un buzz sur internet. La légende "Kick-Ass" peut
démarrer.
Le sérieux des comics mis à mal
"Kick-Ass" se fait évidemment casser la figure, mais il suscite
des vocations: d'autres héros autoproclamés apparaissent: Hit-Girl,
Red Mist et Big Daddy (interprété par un surprenant Nicolas Cage).
La gaudriole s'arrêterait sans doute à ce stade si ces gentils aux
faux pouvoirs ne devaient pas tout à coup affronter de vrais vrais
méchants...
Co-produite par Brad Pitt, cette comédie irrévérencieuse, drôle,
souvent violente et parfois vulgaire prend véritablement le
contre-pied des comics classiques.
Autre particularité, ce long-métrage n'est pas l'adaptation d'une
bande dessinée, comme les autres comics du cinéma. Le film et la BD
ont tous deux ont été conçus en même temps, fruits d'une
collaboration entre un réalisateur, un scénariste et un
dessinateur. Et les deux versions connaissent déjà un beau succès
aux Etats-Unis.
La beauf attitude revient au camping
Anconina et Dubosc, le paumé et le beauf font la
paire. [DR]
Amis du raffinement, passez votre chemin:
"Camping 2"
est de retour au
cinéma, 4 ans après le premier opus. Les personnages beaufs à
souhait, les jeux de mots à deux sous et les alignements de
clichés, toutes les recettes à succès du film de Fabien Onteniente
sont recuisinées.
L'équipe est également identique: outre le réalisateur, Franck
Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Mathilde Seignier
plantent à nouveau leurs tentes dans le Bassin d'Arcachon. Seul
Gérard Lanvin, lassé et en désaccord avec l'équipe dirigeante, a
renoncé. C'est Richard Anconina qui le remplace, avec la même
fonction: celui du petit nouveau qui ne connaît rien au camping et
qui ne parvient pas à s'adapter.
Patrick Chirac, on aime ou on n'aime pas...
L'intrigue, qui demeure volontairement peu étoffée pour laisser
la place au comique des personnages, démarre quand Jean-Pierre
Savelli (Richard Anconina) arrive au camping des Flots Bleus pour
faire un break. Déprimé et paumé, il tombe sur la star locale, le
beauf en chef Patrick Chirac (Franck Dubosc).
Chirac le prend sous son aile, la cohabitation est difficile, mais
tout finit par s'arranger, devant un apéro et sous le superbe
paysage de la Dune du Pyla.
L'effet de surprise de "Camping 1" (5,4 millions d'entrées) ne
joue plus, l'ambiance sent un peu le réchauffé, mais ce film se
veut surtout un divertissement sans prétention, loin du grand
cinéma. Et, c'est sûr, la mayonnaise va à nouveau prendre!
Frédéric Boillat