Modifié le 28 juin 2010

Voltaire revient combattre le fanatisme

Claude Rich est Voltaire dans "Voltaire et l'affaire Calas"
Claude Rich est Voltaire dans "Voltaire et l'affaire Calas" [DR]
Voltaire, sous les traits de Claude Rich, a repris possession de son château de Ferney dans le film de la télévision suisse consacré à "l'affaire Calas". Diffusé ce mercredi 4 avril, il montre le philosophe pourfendre le fanatisme religieux.

Le comédien français Claude Rich campe Voltaire dans ce film
historique qui aborde des thèmes toujours contemporains tels que
l'injustice et le fanatisme religieux. Ce long métrage est le
premier travail de Francis Reusser pour une télévision et aussi sa
première fiction depuis «La Guerre dans le Haut-Pays» en 1998.

Finalement séduit

«Quand on m'a proposé le projet, j'ai hésité car je ne voulais
pas tourner encore un film en costumes», raconte le metteur en
scène lors d'un entretien avec l'ATS. «J'étais aussi réticent de
travailler pour la télévision dont le rythme de tournage, plus
rapide, n'est pas le mien.»





Le cinéaste avoue s'être fait violence et ne le regrette pas.
«J'ai 64 ans, le projet était intéressant et je dois bosser, vous
savez... Je suis souvent féroce avec la télévision mais je
reconnais que cette expérience s'est bien passée et de plus, on m'a
foutu une paix royale!»

Acte de résistance

Francis Reusser n'est pas intervenu sur le script. «C'est une
première pour moi. Le scénario est solide, intelligent. C'est un
travail sérieux mais pas ennuyeux. Et il utilise aussi une très
belle langue.»





Il se dit heureux que la télévision montre ce film en début de
soirée. «Comparé à ce qu'on nous montre habituellement, c'est un
bel acte de résistance: par rapport à la langue justement ou aux
idées et valeurs défendues, comme la tolérance ou la justice.»

Versailles trop cher

Le tournage a notamment été organisé dans la région lémanique
(voir ci-contre) car «tourner à Versailles aurait été trop cher»,
dit Francis Reusser. «Nous avons préféré placer l'argent notamment
dans les décors et les costumes.» Ce film bénéficie en particulier
des talents des ingénieurs du son suisses François Musy et Gabriel
Hafner récemment récompensés d'un César.





agences/ruc

Publié le 04 avril 2007 - Modifié le 28 juin 2010

Casting de haut vol

Outre Claude Rich, au générique apparaissent les noms de Barbara Schulz (la pupille de Voltaire) et ceux de comédiens suisses: Carlo Brandt, François Germond, Olivier Perez, Michel Voïta ou Pierre Misfud.

Quelque 3,7 millions de francs ont été investis dans ce long métrage réalisé en vidéo haute définition.

Le tournage s'est déroulé l'automne passé dans la maison de Voltaire à Ferney (F) et dans des châteaux vaudois ou genevois pour des scènes censées se dérouler à Versailles ou Toulouse.

Erreur judiciaire

Pas moins de 360 comédiens et figurants ont été enrôlés pour raconter des faits survenus en 1761 à Toulouse.

Cet automne-là, Marc-Antoine Calas se pend chez ses parents; son père dissimule le suicide et se retrouve accusé de meurtre.

Ce calviniste aurait agi pour empêcher son fils de se convertir au catholicisme. Condamné à mort, il est exécuté le printemps suivant.

Avec l'appui de Voltaire, sa famille réussit à prouver l'erreur judiciaire.