Johann Schneider-Ammann: "Je ne veux pas d'un salaire minimum en Suisse"
27.09.2010 17:01tsrinfo.ch: L'armée suisse traverse une période de turbulences, notamment quant aux moyens qui doivent lui être attribués. Quel modèle de défense nationale préconisez-vous?
Johann Schneider-Ammann: La Constitution définit le mandat en trois points. Celui-ci peut être rempli avec une armée de milice parfaitement équipée et formée, et un budget de 4 milliards par an.
- Adhésion, relations bilatérales? Quelle politique européenne de la Suisse défendez-vous?
- Je suis un fervent partisan de la voie bilatérale. Du point de vue actuel, ni une adhésion ni l’isolement ne constituent de véritables alternatives.
- Avec le vote sur l'interdiction des minarets ou le scandale UBS aux Etats-Unis par exemple, la Suisse a été la cible de critiques sur la scène internationale. Comment imaginez-vous pouvoir redorer l'image du pays à l'étranger?
- Cela passe forcément par un gouvernement fort et uni. De plus, nous devons regagner la crédibilité comme État de droit. « Prendre les choses en main », telle est la recette.
- Quelle est votre position par rapport au secret bancaire?
- Celui-ci existe et continuera d’exister. Dans le cadre des relations transfrontalières, nous devons nous entendre sur une retenue à la source libératoire. A ce moment-là, nos lois devront être appliquées sans tergiversations.
- Trois mesures que vous avancez pour soutenir l'économie et favoriser l'emploi?
1. Des accords de libre-échange (avec la Chine et d’autres pays émergents)
2. Assainir l’assurance chômage (moins de pression sur les coûts salariaux indirects)
3. Valoriser la Commission pour la technologie et l'innovation CTI, c'est-à-dire promouvoir la formation et la collaboration entre les hautes écoles et les entreprises
- Etes-vous pour l'introduction d'un salaire minimum en Suisse?
- Non, je ne veux pas d’un salaire minimum. Celui-ci pourrait aussi être à double tranchant pour ceux que l’on souhaite précisément « protéger » par cette mesure.
- Etes-vous favorable à une caisse maladie unique? Pourquoi? De manière plus générale, quelles recettes proposez-vous pour contenir les coûts de la santé?
- La caisse unique n’est pas opportune. Sans concurrence, les coûts augmentent. Orientation des soins médicaux en vue d’améliorer la qualité et la rentabilité, forfaits par cas, parallèlement à une meilleure transparence des coûts dans les hôpitaux et au recours à de nouvelles technologies comme la cybersanté, pourraient être des recettes pour juguler les coûts.
- Une réforme des institutions ou du fonctionnement de l'Etat qui vous tiendrait à coeur?
- Renforcer le gouvernement en développant le dispositif des secrétaires d'Etat me semble une voie efficace.
- Au cas où l'initiative est lancée et aboutit, seriez-vous favorable à ce qu'il y ait une votation populaire concernant la réintroduction de la peine de mort?
- Non, la peine de mort n’est pas une solution pour une société moderne et ouverte.
- Quels doivent être les deux principaux axes de la politique environnementale de la Suisse?
- La réduction du CO2 et la promotion des énergies renouvelables. L’approche cleantech doit être poursuivie.