Assurance chômage: nouveau round dans le bras de fer gauche-droite
30.08.2010 14:22Les représentants du Parti socialiste (PS), des Verts, du Parti évangélique (PEV) et du Parti chrétien-socia (PCS) n'en mènent pas large au vu du risque d'acceptation de la révision de l'assurance chômage soumis au vote le 26 septembre. Le président du PS Christian Levrat a exprimé lundi son inquiétude de voir cet "objet déterminant noyé par les débats concernant les deux successions au Conseil fédéral".
"L'importance de la révision n'est pas perçue par les observateurs politiques et le corps électoral", s'est-il plaint lors d'une conférence de presse où les rangs des médias étaient pour le moins dégarnis. Pour lui, il en va pourtant de l'avenir de la politique sociale du pays.
"Plaisanterie"
"Dire que la révision est équilibrée, comme le fait la cheffe du Département de l'économie Doris Leuthard, est une plaisanterie", a estimé Christian Levrat. Les classes populaires et moyennes vont payer trois fois la facture: après être passées à la caisse pour sauver UBS, elles vont devoir financer l'assurance chômage par une hausse des cotisations tout en subissant une baisse des prestations.
Pour le comité rose-vert, l'alternative consiste à déplafonner les cotisations sur les salaires au-dessus de 126'000 francs. Le slogan utilisé pour la campagne - "à eux les bonus, à nous les malus" - se base sur ce constat. Alors qu'un simple travailleur versera 2,2% de son salaire pour l'assurance chômage, le patron du Crédit Suisse Brady Dougan n'en donnera que 0,005%.
La révision s'en prend principalement aux jeunes, aux personnes proches de la retraite et à celles qui travaillent dans des conditions précaires, a dénoncé Ueli Leuenberger. Le président des Verts a mis en garde contre le "dangereux processus de paupérisation qui est en marche et qui va être accéléré par la révision".
Encourager la réinsertion professionnelle
Le chômage actuel n'est pas le résultat d'un comportement fautif des personnes sans emploi, a renchéri la conseillère nationale Marie-Thérèse Weber-Gobet (PCS/FR). Pour y remédier, il ne faut pas démanteler l'assurance, mais utiliser ses ressources pour financer la formation continue.
Malgré un chômage important, la Suisse est contrainte de recruter des travailleurs étrangers, notamment dans le secteur de la santé. Elle ferait mieux de former les chômeurs dont les qualifications professionnelles sont insuffisantes dans ce genre de profession, a proposé la Fribourgeoise.
ats/os