Succession Merz-Leuenberger: les papables
06.09.2010 08:52Simonetta Sommaruga (conseillère aux Etats, PS, BE). Officiellement candidate
Simonetta Sommaruga, la grande favorite de beaucoup, une sénatrice influente. [Keystone]
La Bernoise Simonetta Sommaruga est née en 1960 à Sins (AG). Pianiste de formation, elle a commencé sa carrière en 1981 au Grand Conseil bernois. Elle a été élue au National en 1999, puis aux Etats en 2003, où elle siège toujours. Elle a aussi été membre de l'exécutif de Köniz (BE).
Depuis 2000, elle est présidente de la Fondation pour la protection des consommateurs à Berne, dont elle a été directrice de 1993 à 1999. Elle est également membre de Slow Food suisse, l'association qui milite pour une alimentation "écologiquement responsable et de qualité".
Points forts:
- Elle est une figure respectée et influente, au Parlement en premier lieu.
- Sénatrice, elle devrait bénéficier de la solidarité entre les membres du Conseil des Etats.
- De tendance centriste, elle est appréciée à droite. Son pragmatisme et son sérieux lui valent des soutiens en dehors de son parti.
- Une préoccupation pour la défense des consommateurs.
- Le canton de Berne ne compte plus aucun représentant depuis le départ de Samuel Schmid.
- De récents sondages montrent qu'elle a les faveurs de la population.
Points faibles:
- Un profil "réformiste" qui pourrait lui valoir des inimitiés à gauche.
- Quelques réserves du côté des socialistes romands, où elle est parfois vue comme centriste.
Profil smartvote (daté des élections fédérales de 2007)
Jacqueline Fehr (conseillère nationale, PS, ZH). Officiellement candidate
Jacqueline Fehr, un ténor du parti, mais peut-être désavantagée parce qu'elle est zurichoise. [Keystone]
Née en 1963 à Wallisellen, Jacqueline Fehr a passé 7 ans au Parlement zurichois avant d'être élue au Conseil national en 1998. Elle a été réélue en 1999, 2003 et 2007. Elle a adhéré au Parti socialiste en 1986 et en est aujourd'hui l’une des vice-présidentes.
Elle est totalement dans la ligne de son parti, défendant l’engagement de l'Etat dans certains domaines mais n’ayant pas hésité à militer pour plus de sécurité dans les villes et à faire un compromis avec la droite sur les questions d’assurance maternité. Enseignante de formation, elle a présidé l'Union syndicale suisse de 1992 à 1996.
Points forts:
- Elle est une ténor du parti, dont les compétences, le pragmatisme et la combativité sont unanimement reconnus.
- Dans le domaine des assurances sociales, elle a démontré son sérieux et sa capacité à chercher des compromis.
- On lui reconnaît une grande maîtrise des dossiers dont elle s’occupe.
- Ni trop à gauche, ni trop au centre, elle est dans la parfaite ligne du parti socialiste et sa bonne réputation lui vaut des soutiens hors du parti.
- Elle a peut-être la préférence des socialistes romands.
Points faibles:
- Elle pourrait être un peu moins soutenue par la droite que Simonetta Sommaruga.
- Elle est zurichoise et cela risque d’être sa principale faiblesse. Pas sûr que le Parlement souhaite pérenniser la situation qui voit siéger deux Zurichois au gouvernement (Moritz Leuenberger et Ueli Maurer actuellement ).
Profil smartvote (daté des élections fédérales de 2007)
Johann Schneider-Ammann, (conseiller national, PLR/BE). Officiellement candidat
Johann Schneider-Amman, le plus âgé, mais influent au niveau économique. [peter schneider - Keystone]
Etabli à Langenthal, le Bernois Johann Schneider-Ammann est l'un des entrepreneurs les plus réputés du pays. Né en 1952, il fait ses premiers pas sous la Coupole fédérale fin 1999. On dit de lui qu'il est un représentant de la vieille école, tant au PLR qu'en tant que président du groupe Ammann, à la tête duquel il dirige plus de 3000 employés.
Au sein du PLR, il fait partie de ceux qui défendent la stratégie de l’argent propre. Ses soutiens politiques disent de lui qu'il est "tourné vers la recherche de majorités et de solutions". Comme un certain Didier Burkhalter l’année dernière…
Points forts:
- Influent chef d’entreprise, il peut compter sur le soutien de la droite économique (vice-président d'économiesuisse, président de Swissmem).
- Bien vu à gauche pour son étiquette de "patron social", pour ses rapports honnêtes avec les travailleurs. Il est même soutenu par la direction du syndicat Unia.
- Il s'est distingué en devenant un défenseur de l'économie réelle face à la sphère financière. Il a notamment été l'un des premiers représentants de l'économie à critiquer les bonus élevés.
Points faibles:
- Son âge (58 ans): il lui est donc difficile d’incarner la nouvelle vague libérale-radicale et de donner un coup de fouet à l'image du parti.
- Une réputation d'absentéisme au Parlement.
- Il est Bernois, comme Simonetta Sommaruga, la favorite socialiste. Si celle-ci est élue avant lui, il y a peu de chances que le Parlement décide d'élire un second Bernois en une seule élection.
Johann Schneider Ammann - Profil smartvote (daté des élections fédérales de 2007)
Karin Keller-Sutter (conseillère d'Etat, PLR /SG). Officiellement candidate
Karin Keller-Sutter, la spécialiste de la sécurité, excellente en français. [Keystone]
Karin Keller-Sutter, 46 ans, a débuté sa carrière politique à Wil (SG), où elle s'est positionnée sur les thèmes de l'asile et de la sécurité. Elle a été députée au Parlement st-gallois de 1996 et 2000. Depuis lors, elle est conseillère d'Etat en charge de la sécurité. Elle est aussi vice-présidente de la conférence des directeurs cantonaux de justice et police.
Interprète de formation, Karin Keller-Sutter maîtrise parfaitement le français. Après des études en sciences-politiques à Londres et à Montréal, la Saint-Galloise a effectué un postgrade en pédagogie à Fribourg.
Points forts:
- Sa rigueur, démontrée dans la politique de sécurité à Saint-Gall (hooligans, abus dans le domaine de l’asile), mais aussi dans son engagement à défendre les femmes victimes de violence.
- A 46 ans, elle peut représenter le renouveau du PLR et devenir une locomotive puissante pour l’image du parti.
- Une notoriété nationale: elle est très présente dans la presse alémanique et, de plus en plus, dans la presse francophone, grâce à sa maîtrise des langues, et notamment du français.
- Le maintien d'un représentant de la Suisse orientale à Berne.
Points faibles:
- Parfois vue comme "Madame rigueur", elle incarne la droite du parti et ses positions sur le renvoi des étrangers pourraient lui faire perdre des voix précieuses à gauche.
- Elle est perçue par certains comme une politicienne "monothématique", c'est-à-dire qu'elle s'est toujours occupée de sécurité durant sa carrière.
- Ne siège pas à Berne (ce qui n’a pas empêché d’autres femmes d’être élues: Eveline Widmer-Schlumpf, Ruth Metzler, Micheline Calmy-Rey, Ruth Dreifuss).
Karin Keller-Sutter: profil smartvote (daté des élections cantonale de 2008)
Tybalt Félix et Frédéric Boillat