ENTRETIEN AVEC CLAUDE RICH ET BARBARA SCHULZ

Barbara Schulz et Claude Rich [Philippe Christin - DR]Barbara Schulz et Claude Rich [Philippe Christin - DR]

Réunis pour la première fois dans Voltaire et l’affaire Calas, Claude Rich et Barbara Schulz composent un duo d’une délicate ambiguïté entre un philosophe vieillissant et son impertinente pupille, Marie Corneille.



Interview croisée.



Pourquoi avez-vous eu envie de faire ce film ?



Claude Rich : J’ai toujours aimé les voyages. Incarner des personnages historiques, comme Mazarin que j’interprète en ce moment au théâtre, offre ce privilège de voyager dans le temps. Pour le film, nous avons tourné dans le château de Voltaire à Ferney. Être dans sa chambre, regarder par sa fenêtre, c’était très dépaysant. J’ai éprouvé une grande jubilation à jouer ce rôle écrit dans une langue magnifique, d’autant qu’en dépit de son âge avancé, l’homme garde toute sa malice. Il y a chez lui une passion théâtrale et on se retrouve, nous les comédiens, dans ce côté cabotin...



Barbara Schulz : C’est une chance de s’imprégner d’une époque, à travers un film. Mais j’ai d’abord accepté le rôle de Marie Corneille pour donner la réplique à Claude Rich, un acteur que j’adore depuis ses débuts dans Les tontons flingueurs. Je suis fascinée par sa virtuosité et son aptitude à réinventer à chaque prise, avec l’œil qui frise. J’ai d’ailleurs dû faire attention à ne pas être trop spectatrice, même si cette fascination servait le rôle.



Vous campez un Voltaire irrésistible...



Claude Rich : On ne peut être que séduit par ce personnage, à la fois roublard, voire méchant, et infiniment intelligent, qui a porté les idées de la Révolution française. Dans l’affaire Calas, c’est lui seul qui, de Ferney, lance une campagne à travers l’Europe pour lutter contre le fanatisme religieux, comme on le ferait aujourd’hui par e-mail. J’aime aussi l’idée de jouer l’homme dans son lit, bonnet sur la tête, avec une bouillotte. Une manière de retrouver, dans l’intimité, ces personnages représentés d’habitude avec majesté.



Comment avez-vous abordé le rôle de sa pupille ?



Barbara Schulz : Les scènes avec Voltaire, sa manière de lui parler et de lui tenir tête, donnaient des indices sur sa personnalité, son énergie, son audace, mais aussi sur l’intérêt que cette jeune femme portait à son époque. Marie Corneille est une fausse ingénue qui sait manier l’impertinence. Il y a dans la relation entre elle et lui une belle ambiguïté et, derrière l’apparente sévérité, beaucoup de tendresse.



Propos recueillis par Sylvie Dauvillier