Révélée sur les ondes d'Espace 2 en juin 2010 lors de la Fête de la Musique de Genève, la violoniste belge Claire Dassesse s'illustre une année plus tard dans le cadre de la Schubertiade de Porrentruy aux côtés de la pianiste Deborah Lee.
Elève d'Igor Oïstrakh au Conservatoire Royal de Bruxelles puis de Mihaela Martin à la Haute Ecole de Musique de Genève, la jeune virtuose se perfectionne aujourd'hui auprès du même professeur à la Hochschule de Cologne. Elle vient de remporter en octobre 2011 le 1er Prix du prestigieux Concours Henri Vieuxtemps.
À l'image du célèbre violoniste belge, elle présente ici un récital de haute voltige, où l'interprète doit faire preuve à la fois de grandes capacités techniques et d'une expressivité à fleur de peau.
Au programme, l'une des plus belles réussites de l'ère romantique, la 3e Sonate du Norvégien Edvard Grieg et son Allegretto central en "lévitation", et enchaîne après la pause avec Prokofiev et sa 1re Sonate, l'une des pages les plus sombres jamais écrites par le musicien russe. Durant les répétitions, on raconte que ce dernier aurait insisté pour que le pianiste (Lev Oborin) joue un passage marqué forte beaucoup plus fort encore malgré le risque — signalé par le pianiste — de couvrir le violon; il lui aurait répondu: "C'est justement ce que je recherche, il faut que les gens tombent de leur siège et se demandent si vous n'avez pas perdu la raison!".