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a propos
Charles Sigel. [RTS] Si Montaigne, Matisse, Rimbaud, Nerval ou Colette étaient musique, quelle musique seraient-ils? Pour les auditeurs de l’Humeur vagabonde, Charles Sigel s’adonne avec un incroyable talent de conteur au jeu du portrait chinois. Éclectique et forcément subjective, sérieuse mais avec légèreté, l’émission vous fera découvrir bien des choses sur le personnage auquel elle s’intéresse. |
L'humeur vagabonde
Charles Sigel
du lundi au vendredi de 13h30 à 14h00
l'intégrale, le samedi de 10h00 à 12h00 samedi 4 août 2012L’ours, histoire d’un roi déchu
L’Eglise s’est employée à faire descendre de son trône ce roi des animaux.
L’ours, pendant des siècles, fut un inépuisable réservoir de craintes et de fantasmes. Une nouvelle diffusion du 28 juin 2008. Il fut, avant le lion, le roi des animaux. Il fut, avant le singe, considéré comme l’animal le plus proche de l’homme. More hominum… L’ours faisait les héros, qui se battaient contre lui, il créait des dynasties, car rien n’était plus glorieux pour un monarque de la Scandinavie moyenâgeuse que d’avoir un ours parmi ses ancêtres. Enlevées ! L’enfant-ours devenait aussi fort que velu et tous les espoirs lui étaient permis : il accomplissait des exploits (ou ses descendants), puis était reconnu comme un chevalier aux origines mystérieuses (et à la pilosité excessive, certes), de là à devenir roi en Norvège, Suède ou Danemark, il n’y avait qu’un pas. Cela se passait bien sûr dans les temps légendaires. Avant le cheval de Troie, l’ours ! En revanche, les Grecs lui avaient rendu un culte lié à celui d’Artémis à Brauron (ils lui avaient même été indirectement redevables de la Guerre de Troie, puisque Pâris, abandonné par ses parents, Priam et Hécube, avait été élevé par une ourse sur le mont Ida, d’où le rapt d’Hélène, pratique typiquement ursine !) Une énergie festive à récupérer Les plus fameuses des fêtes ursines devenues chrétiennes sont la Saint Martin (nom d’ours traditionnel) et la Chandeleur (qu’à l’âge classique on appelait encore couramment Chandelours…). Michel Pastoureau dans son livre L’Ours, Histoire d’un roi déchu en dresse un inventaire révélateur. Le portefaix de Saint-Gall Un ours-gisant, cas unique Ce prince, éternel second, fils, frère, oncle de roi, se sent-il déchu comme l’ours ? En tout cas il s’en fait un emblème, il s’oursifie même (comme dira Flaubert), il devient pataud comme un ours, porte un bonnet en peau d’ours. Son gisant, à Bourges, posera ses pieds non sur un lion ou un chien fidèle, mais sur son ours favori, nommé Valentin (la saint Valentin, autre ancienne fête ursine…). Mal ou pas assez léché ? Sa patauderie fait rire les badauds, des tziganes l’exhibent dans des jupettes grotesques. Buffon ne lui consacre pas beaucoup de pages, même s’il fait justice de certaines légendes, notamment de celle selon laquelle la gestation n’était que de trente jours, tant l’ourse, aux mœurs lubriques, était pressée de retrouver le mâle… Non, l’ourse portait sa progéniture pendant de longs mois, puis elle lui accordait de grands soins en la léchant interminablement. C’étaient plutôt les humains qui finalement étaient en danger d’être des "ours mal léchés"... La fosse aux ours Hagard du nord Au sommet de la chaîne alimentaire, il sera le premier touché. En 2050, la moitié des ours blancs au ra disparu. Ce n’est pas sans raison que le WWF a pour symbole un ours panda. Bibliographie
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