Avec son physique de jeune premier, Jean-Pierre Aumont commença sa carrière sans grande difficulté d'autant plus que Louis Jouvet lui-même lui mit le pied à l'étrier. Mais la beauté ne fait pas tout, même au cinéma. D'ailleurs, toute sa vie il (se) rappellera que le théâtre était son élément.
Repéré par Jean Cocteau, il endossa le rôle d'Oedipe dans La Machine infernale en 1934, l'année de son triomphe dans Lac aux dames de Marc Allégret. Puis viendront Drôle de drame et Hôtel du Nord avec Jouvet, deux chef-d'oeuvres de Marcel Carné qui assureront sa notoriété.
Hollywood avec la nostalgie de Paris
Lorsque la guerre éclata en 1940, Aumont a traversé l'Atlantique pour tourner, bon an mal an, plusieurs films dont certains étaient, dira-t-il plus tard, toquards. N'empêche qu'il y joua d'excellentes comédies musicales et y rencontra, à la ville comme à la scène, Vivien Leigh, Grace Kelly, Joan Crawford parmi d'autres. Séducteur à la française, l'Amérique l'accueillit les bras ouverts même s'il éprouva à Hollywood une forte nostalgie de Paris, jugeant Hollywood une prison dorée...
Valeureux combattant
En 1943, il rejoignit en Tunisie les Forces Françaises Libres et participa au Débarquement de Provence puis à la Libération de Paris. Blessé grièvement deux fois, il sera médaillé et reçu au sein de La Légion d'honneur.
C'est durant la guerre qu'il s'est mis à écrire des livres de souvenirs, des romans et des pièces de théâtre dont L'Empereur de Chine, sa première et sa préférée. Sa carrière s'est poursuivie sans rupture jusqu'en 1996 à passer 85 ans. Il mourut cinq ans plus tard avec un seul regret: n'avoir jamais joué le grand répertoire comme sociétaire de la Comédie-Française.
Serge Moisson l'a rencontré à Paris en 1982 alors qu'il jouait avec Jacqueline Maillan et Roger Miremont Coup de soleil de Marcel Mithois au Théâtre Antoine.
Journée internationale de l'Audiovisuel
La prolifération d'offres médiatiques pourrait faire croire à une manne inépuisable. Or, il y a péril en la demeure tant par la destruction "naturelle" des supports audiovisuels que par l'absence de sauvegarde systématique. C'est pour sensibiliser le public, donc les "usagers" des médias, et leurs responsables que l'Unesco lance chaque année une journée spéciale pour débattre des aspects souvent méconnus de la préservation de ce patrimoine fragile. Entretien avec Ralf Dahler, ancien responsable des archives RSR et actuellement chef de l'Organisation des Opérations RTS sur la politique des archives au sein de RTS, enregistré en 2010.
Réalisation: Carmen Algarrada