Dès le départ, la photographie a eu un lien étroit avec la pulsion scopique, définie par Freud comme étant le plaisir de regarder. Aujourd’hui, chacun photographie, partout et par tous les temps. Toute personne peut être témoin d’une scène et l’envoyer à un média à l’aide d’un téléphone portable, alors qu’elle est elle-même observée par une caméra de surveillance omniprésente. Outils démocratiques ou instruments propices aux dérives dangereuses, les technologies récentes facilitent non seulement le besoin de voir ce qui est interdit, mais aussi l’exploitation de sa propre personne. La photographie contemporaine s’en fait l’écho en se réappropriant ces inventions pour mieux les détourner.
Unique festival annuel de photographie en Suisse, "les Journées photographiques de Bienne" resserre, cette année, la focale sur le dialogue ambivalent qu’entretient la photographie avec le regard voyeuriste et exhibitionniste, des questions aussi vieilles que la photographie.
Avec :
- Helène Joye-Cagnard, co-directrice des Journées photographiques de Bienne,
- Nadja Groux, photographe,
- Joan Fontcurberta, photographe, théoricien et historien de la photographie,
- Mingjun Luo, photographe et
- Rudolf Steiner et Barbara Meyer Costa, photographes (le duo Haus am Gern).
- 16ème édition des Journées photographiques de Bienne, l'exposition "Voir et être vu", du 7 au 30 septembre 2012
Un entretien en direct par Nicole Duparc