En Turquie, la laïcité kémaliste reste la référence. Dans le code civil, basé sur le code civil suisse, la charia n'existe pas. Depuis les années 2000, et en particulier depuis les révolutions arabes, le pays est observé de très près d'autant plus que son économie est en croissance constante.
La Turquie veut démontrer qu'elle est capable de conjuguer islam et démocratie et, si le pays cherche à devenir la référence et la puissance régionale, il veut aussi conserver ses relations avec l'Occident et en particulier l'Europe au nom de l'intérêt national et non d'une idéologie.
Nombreux sont ceux qui soulignent la pluralité des modes de vie possibles dans l'ex -empire ottoman.
Mais si la Turquie a aboli la peine de mort, le régime du président Abdullah Gül semble se durcir à l'encontre en particulier des intellectuels et des étudiants dont les libertés sont menacées. Et l'arrivée de nouveaux entrepreneurs creuse les inégalités sociales.
"Zéro problème avec les voisins": c'est le leit-motiv de la politique étrangère du pays. Une politique qui doit se reconfigurer au gré des événements: Ankara ainsi a récemment lâché la Syrie de Bachar-el-Assad, envenimant un peu plus ses relations avec l'Iran, son rival historique.
Quelles sont les ambitions de la Turquie? Le pays va-t-il réussir à être à la fois solidaire du monde arabo-musulman et entrer dans l'Union européenne? Comment régler la question kurde qui demeure brûlante?
« Babylone » réunit autour de sa table 3 experts:
- Mohammad-Reza Djalili, politologue et historien franco-iranien,
- Ali Kaezancigil, politologue franco-turc et ancien Secrétaire général du Conseil international des sciences sociales à l'UNESCO et
- Jordi Tejel professeur à l'IUHEID Genève, spécialiste de la question kurde.
Une table ronde menée par Anik Schuin
Une nouvelle diffusion de l'émission du 22 février 2012