Dans un climat d’insécurité et de délinquance en hausse,
le Conseil national a voté en juin 2012 un durcissement en matière d’asile. Les
élus ont notamment décidé l’arrêt de l’aide sociale pour les demandeurs
d’asile, qui devraient se contenter de l’aide d’urgence. Sur cette lancée, la
majorité bourgeoise a ensuite estimé que les personnes admises provisoirement
devraient attendre sept ans au lieu de cinq pour demander un permis de séjour.
Les concernés devraient aussi ronger leur frein pour le regroupement familial
et patienter cinq ans au lieu de trois pour faire venir leur conjoint ou leurs
enfants mineurs.
Le Conseil des Etats doit reprendre le dossier à sa
session d’automne, du 10 au 28 septembre 2012.
Qu’est-ce qui influence une politique d’asile et au nom
de quoi la durcir ou l’assouplir?
Le débat fait rage, il touche aux valeurs démocratiques,
et interroge le sentiment identitaire helvétique, qui invoque une tradition
d’accueil et d’entraide.
Trois spécialistes des questions ouvertes par cette
actualité s’expriment: Claude Ruey, président de l’EPER, et ancien conseiller
national libéral, Monika Salzbrunn, professeure ordinaire en Religion,
migration, diasporas à la Faculté de théologie et de sciences des religions de
l’Université de Lausanne et François Dermange, professeur d’éthique à
l’Université de Genève. Ces trois personnalités affûtent leur regard qui de
politicien, de sociologue et d’éthicien pour à la fois commenter le
durcissement décidé au Conseil national et rappeler le bagage
historico-humanitaire de la Suisse, comme les injonctions du droit d’asile.
En filigrane et depuis plus de 20 ans en Suisse,
Vilvarajah, du Sri-Lanka, et Kourosh, d’Iran, témoignent chacun de leur
trajectoire de demandeur d’asile comme de leurs racines spirituelles.
Une série proposée par Gabrielle Desarzens