Emission du 25 janvier 2012

L'affaire Lucie

Elle s’appelait Lucie, elle n’avait que 16 ans… Le 4 mars 2009, sa route croise celle de Daniel H, déjà condamné pour tentative d’homicide. Il la tue à coups de couteau. Le meurtre de Lucie aurait-il pu être évité? La machine judiciaire est-elle coupable? Zone d’ombre enquête.

Lucie croise son assassin à la gare de Zurich. Sous prétexte de vouloir faire des photos d’elle, Daniel H.  attire l’adolescente chez lui et la crible de coups de couteau.

Cinq jours plus tard Daniel H. se dénonce.  Le jeune homme de 25 ans est bien connu des services de police. Au moment des faits il est en liberté conditionnelle et vient de passer quatre ans dans un centre de rééducation pour avoir tenté de tuer sa collègue de travail.

Pourquoi, vu la gravité des faits, Daniel H. n’a-t-il pas purgé sa peine en prison?

Comment a-t-il pu être relâché alors qu’un rapport le qualifie de très dangereux?

Les autorités judiciaires argoviennes sont montrées du doigt. Seul contre l’appareil d’État, le père de la jeune fille, Roland Trezzini, se bat pour qu’il n’y ait pas d’autres "Lucie".

Le cas de Daniel H. rappelle celui d’un autre récidiviste tristement célèbre en Suisse Romande, celui de Jean-Louis B, 64 ans, dont 40 ans passés derrière les barreaux. Coupable de viols et de meurtre le parcours criminel de Jean-Louis B illustre de manière terrifiante les dysfonctionnements de la machine judiciaire.

(Une enquête de William Heinzer et Wilfred Rebetez)

Depuis l'émission...

29 février 2011:  Le Tribunal de district de Baden (AG)  condamne Daniel H. à 20 ans de prison ("perpétuité") assortis de mesures d'internement simple.  Les parents de Lucie regrettent que la justice argovienne n'aie pas prononcé l'internement à vie. En théorie, Daniel H. pourrait être libéré en 2025 déjà.

Les parents de Lucie "déçus" après la condamnation de Daniel H, dossier RTSinfo.ch, 29.02.2012

"Daniel H. écope de 20 ans de prison", 24Heures, 29.02.2012

"Daniel H. pourrait être libéré après 15 ans... ou jamais, Le Matin, 1.03.2012

En 2007, le Parlement a révisé le texte du Code pénal consacré à l'internement à vie, afin de l'adapter à la Convention européenne des droits de l'homme. Pour prononcer l'internement à vie, le juge doit se baser sur deux expertises indépendantes, confirmant la nécessité de prendre cette mesure contre un criminel dangereux. Elle s'applique pour l'assassinat et le meurtre, les lésions corporelles graves et le brigandage, le viol, la contrainte sexuelle, la séquestration et l'enlèvement. Sont aussi concernés: la traite des êtres humains, les actes de génocide et des infractions contre le droit international en cas de conflit armé.

Nos invités

Roland Trezzini
Père de Lucie
Me Tarkan Göksu
Avocat
Jean-Pierre Walker
Psychiatre
Jean Studer
Conseiller d’Etat-NE

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