Emission du 03 juillet 2003
L'oreille cassée
Exposées à des niveaux sonores trop élevés, de plus en plus de personnes sont atteintes dans leur ouïe et sont condamnées à vivre avec des bourdonnements ou des sifflements permanents dans les oreilles, - les acouphènes - semblables « aux crissements d'un train qui freine ». Temps présent a rencontré des victimes de ce phénomène. On constate que les jeunes adeptes de rock ou de rave parties, dont 10 à 20 % souffriraient d'une perte auditive, ne sont pas les seules personnes atteintes. Ils ont d'ailleurs tendance à mieux se protéger en utilisant des bouchons d'oreilles qui réduisent d'environ 15% la dose de décibels.
Dans les aéroports, par exemple, où sont enregistrés des niveaux sonores très élevés, des mesures ont été prises pour protéger les employés. Mais en Suisse, quelque 25'000 entreprises dépassent encore la limite légale des 85 décibels. Dans ces métiers à risques – menuiserie ou ateliers équipés de nombreuses machines – la majeure partie des employés porte des protecteurs d'ouïe. Mais quand on cumule, comme Samuel, le métier de menuisier et la passion du rock, les inquiétudes sont légitimes. Protégé par un casque à l'atelier, il a lui aussi opté pour les bouchons d'oreilles pendant les répétitions avec son groupe.
Mais le rock avec ses amplis poussés à fond n'est pas seul en cause. Dans le monde de la musique classique, le déferlement de décibels est également dangereux. La carrière de certains musiciens d'orchestre est même menacée, comme en témoigne le 1er cor solo de l'OSR qui souffre d'une très importante perte auditive et qui va jeter l'éponge. D'autres musiciens de l'orchestre, telle Céleste Roy, premier basson solo, prennent toutes sortes de précautions pour se prémunir de ces atteintes irréversibles.
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