Il était jeune, beau et brillant. Et pourtant : le 9 janvier dernier, Philip Hildebrand, président de la Banque Nationale Suisse (BNS), a été forcé à la démission pour avoir laissé son épouse boursicoter sur les devises. Mais quel a été le rôle de Christoph Blocher dans cette affaire ? Et comment se sont déroulés les événements qui ont précipité la chute du premier banquier de Suisse ? Enquête sur un scandale qui n’a pas encore livré tous ses secrets.
Tous s’accordent à dire que jamais, l’austère Banque Nationale Suisse n’a eu de président plus brillant et plus charismatique que le surdoué Philipp Hildebrand. Avec son épouse Kashya, il forment un couple modèle, riche et promis à un bel avenir. Son épouse, justement, par laquelle le scandale va arriver. En pleine tourmente financière mondiale, au moment où son banquier central de mari se bat pour maintenir la stabilité du franc suisse contre les monnaies étrangères, elle profite des taux favorables pour réaliser un profit sur les devises. Pas illégal, mais pas très malin, alors que son mari doit, de par sa fonction, être au-dessus de tout soupçon.
Philipp Hildebrand est pourtant, sans doute, l’homme qu’il faut à la Suisse pour conduire sa banque centrale, dans une période à haut risque durant laquelle le franc suisse fluctue et que les exportateurs ont le regard rivé sur les décisions de la BNS. Avec doigté, il conduit l’institution financière à travers la tempête. Mais son autorité, ses positions affirmées, ne plaisent pas à tout le monde, en particulier à Christoph Blocher, le tribun de l’UDC, qui rêve depuis longtemps d’avoir sa peau. Et il va l’avoir. Son rôle dans cette affaire risque de lui valoir de gros ennuis juridiques, puisqu’il fait l’objet d’une enquête pour violation du secret bancaire.
Ce reportage raconte minutieusement la montée en puissance et la chute de Philipp Hildebrand, et décrit les forces en présence, qui s’agitent dans l’ombre de ce scandale.
Rediffusion le vendredi 6 juillet 2012 à 0h45 et lundi 9 juillet 2012 à 16h05 sur RTS deux.