Emission du 29 janvier 2004

Quelle place pour nos étrangers ?

Plusieurs villes suisses comptent plus d'un quart d'étrangers parmi leurs habitants. Les difficultés économiques actuelles et les crispations qu'elles entraînent ne favorisent pas toujours la compréhension mutuelle. Mais les cantons et les communes font-ils les efforts nécessaires pour intégrer ces étrangers ? Reportage à La Chaux-de-Fonds où 10’000 habitants, soit 27% de la population, sont des immigrés.

<p>A l’heure où le pays traverse une importante crise économique, et où les messages xénophobes font mouche en politique, Temps Présent a voulu savoir ce que la Suisse faisait concrètement pour faciliter l’intégration de ses étrangers. Pour illustrer le propos, Temps Présent a choisi l’exemple de La Chaux-de-Fonds, la troisième ville de Suisse romande. Une commune qui a non seulement été pionnière en matière d’immigration dans les années 1950-60, mais qui a été la première à ouvrir un bureau d’intégration des étrangers - un modèle aujourd’hui repris par la Confédération dans l’ensemble du pays - dans un canton qui fut également précurseur en donnant le droit de vote aux étrangers.<br/><br/> L’immigrant n’est plus une personne qui provient de quelques kilomètres alentour; il vient de beaucoup plus loin. Il est italien, portugais, turc, arabe, asiatique ou africain. Les problèmes qu’il rencontre aujourd’hui, ses prédécesseurs les ont rencontrés dans les années d’après-guerre, lorsque la Suisse tendait alors les bras à la main-d’œuvre étrangère : la barrière de la langue, les préjugés, les différences socio-culturelles, l’intolérance.<br/><br/> De nouvelles solutions :<br/><br/> La solidarité des communautés a toujours été le premier recours des nouveaux arrivants. Durant longtemps, elle a même été leur unique salut. Mais depuis plusieurs années, d’autres possibilités s’offrent à eux grâce à une volonté manifeste de la Confédération, du canton et de la commune et des subsides accordés, ainsi qu’à l’implication de nombreux bénévoles.<br/><br/> Pour en témoigner, Temps Présent s’est notamment rendu au bureau de la police des habitants, dans une association pour femmes étrangères, dans un cercle portugais, dans une école et a suivi un éducateur de rue et un préposé du bureau d’intégration des étrangers. Et force est de constater qu’un réel effort est consenti dans plusieurs domaines : l’accueil, l’accès à des cours de langues, le bon équilibre des enfants, la liberté de culte, la non-prolifération de ghettos en sont quelques (bons) exemples. La création d’une police de proximité, censée lutter contre le sentiment d’insécurité en est un autre.<br/><br/> Bien entendu, l’intégration demeure un exercice difficile. Car il s’agit de s’acclimater à un nouveau pays, une nouvelle langue, une nouvelle culture, parfois une nouvelle religion, sans pour autant perdre son identité, ses racines. Car, comme le décrit assez justement un employé du bureau d’intégration des étrangers, lui-même africain : « Dans la rue, je suis un homme de couleur. Ce n’est que lorsque je présente mon passeport que je deviens suisse ».<br/><br/> Depuis quelques années, au travers de la Commission fédérale des étrangers, la Confédération a concrétisé sa politique à l’égard des immigrés. A l’échelle chaux-de-fonnières, ce reportage en est le reflet. Les résultats des élections fédérales d’octobre dernier et l’avènement d’un nouveau siège UDC au Conseil fédéral remettront-ils en cause cette stratégie ?</p><h3>Adresses diverses :</h3> <p>Bureau du délégué aux étrangers<br/><br/> Rue du Parc 119<br/><br/> 2300 La Chaux-de-Fonds (Tel: 032 919 74 42)<br/><br/> Bureau du délégué aux étrangers<br/><br/> Rue du Pommier 3<br/><br/> 2000 Neuchâtel (Tel: 032 889 48 51)<br/><br/> Bureau lausannois pour les immigrés <br/><br/> Place de la Louve 1<br/><br/> 1002 Lausanne (Tel: 021 315 72 45)</p>

Générique

Un reportage de Pierre DEMONT et Isabelle NUSSBAUM Image : Philippe ROULIN Son : Jiri NEZVAL Montage : Catherine MERGLEN

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