Emission du 16 juin 2011

Faut-il avoir peur des médicaments ?

Le Mediator a provoqué des centaines de morts en France. C'était un médicament dangereux. Et en Suisse ? Il y a aussi des victimes des médicaments. Et chez nous aussi, la question de la surveillance des médicaments est sensible, surtout dans un pays où les industries pharmaceutiques sont financièrement omniprésentes. Nos experts et nos médecins sont-ils sous influence? Enquête sur la question qui dérange.

Des centaines de morts, des milliers d’invalides, 35 ans d’aveuglement… La France se réveille nauséeuse du scandale du Mediator, ce médicament qui s’est avéré inutile et dangereux. En cause : l’ensemble du système sanitaire français. Mais d’autres médicaments se trouvent sur la sellette, comme le Roaccutane et la pilule Yasmin. Des victimes racontent comment des médicaments ont brisé leur vie.

Si l’affaire Mediator a été évitée en Suisse grâce au discernement des autorités, il ne faut pas s’endormir sur nos lauriers. Car l’industrie pharmaceutique est omniprésente à tous les étages: recherche, surveillance, formation des médecins, information. Et la Suisse est un pays particulier, où l’aura des grandes pharmas est élevée au rang d’orgueil national. Comment lui résister ? Et comment contrôler ? Car si les partenariats entre industries pharmaceutiques et monde scientifique sont nécessaires, notre enquête montre que la frontière entre ces collaborations et des conflits d’intérêts est d’autant plus mince que ces liens restent secrets. Ainsi, Temps Présent révèle un document inédit qui montre que deux tiers des 40 experts qui travaillent pour l’agence suisse du médicament ont des liens d’intérêts avec les firmes pharmaceutiques. Le constat dérange, l’opacité sur les conflits d’intérêt est encore la règle.

Rediffusion le vendredi 17 juin 2011 à 0h10 sur TSR2.

Générique

Un reportage de Isabelle Ducret et Philippe Mach Image : Hughes Firmann Son : Emilie Spierer Montage : Valérie Weyer