Je ne suis pas raciste, mais...

Luigi Marra, journaliste et présentateur de Specimen (photomontage). [Philippe Christin - RTS]Luigi Marra, journaliste et présentateur de Specimen (photomontage). [Philippe Christin - RTS]
Qu’on l’admette ou non, on a tous beaucoup de préjugés. Que ce soit sur les blondes, les mendiants roms, les frontaliers ou les Suisses allemands. Mais d’où vient ce besoin de coller des étiquettes aux autres et parfois même de les discriminer ? SPECIMEN explore la fabrication des stéréotypes et l’engrenage de la discrimination.

Suivant la démarche qui a fait son succès, le magazine Specimen a fait appel à des témoignages, des expériences filmées sur le vif et des éclairages scientifiques pour essayer de comprendre d’où viennent et à quoi servent les préjugés.

L’apprentissage des stéréotypes débute très tôt : on verra comment, à moins d’un an, des bébés sont déjà capables de catégoriser des animaux en peluche, en marquant  leur préférence pour celui qui partage leurs goûts (en l’occurrence le chocolat) et en manifestant de l’hostilité pour celui qui est différent (parce qu’il aime les haricots verts).

Comme le démontre une autre expérience scientifique reproduite par l’équipe de Specimen, les enfants développent en grandissant une très forte identité de groupe. Lorsqu’on leur présente des dessins de personnages à la peau noire et blanche, ils valorisent systématiquement ceux de leur propre race. Un chercheur italien a lui aussi établi scientifiquement que des « spécimens » européens n’éprouvent  pas d’empathie spontanée en voyant souffrir des Africains. Et vice versa.

S’il est habilement stimulé, ce réflexe « tribal » peut conduire à des attitudes clairement discriminatoires. Une expérience menée dans une classe le démontre : il suffit de monter en épingle une petite différence pour créer artificiellement deux groupes d’élèves qui, très rapidement, se mettent à se discriminer l’un l’autre.

Ce processus d’exclusion, beaucoup de personnes issues de minorités le subissent. De nombreuses études montrent que les Noirs américains sont systématiquement stigmatisés : en cas de délit, ils sont immédiatement suspectés et il a été prouvé, par des mesures électroniques très précises, que les policiers leur tirent dessus beaucoup plus rapidement que sur des délinquants blancs.

Les préjugés font des victimes de toutes sortes: un footballeur homosexuel d’origine marocaine raconte dans Specimen comment il a été successivement rejeté par ses camarades de classe français puis par ses copains musulmans et finalement par tous les sportifs homophobes. Dans un autre registre, une présentatrice de télévision à la chevelure flamboyante révèle ce que ça impliquait d’être une petite fille rousse dans une classe de Suisse romande.